lettre ouverte du collectif76 au Collectif National Unitaire

dimanche 20 février 2005, par Sophie.L

Lettre ouverte du collectif 76 des salariés du Social et Médico-Social, au Collectif National Unitaire.

Quelle articulation entre le Collectif National Unitaire et les Collectifs Locaux ?


Chers camarades,

Un certain nombre d’entre nous ont émis l’idée de travailler à une amélioration des relations entre le Collectif National Unitaire et les collectifs locaux. Il n’est pas question pour nous de remettre en question l’existence du Collectif National Unitaire, dont nous reconnaissons la légitimité au travers des luttes contre la loi de prévention de la délinquance.

Par ailleurs le fait que ce collectif soit constitué par une intersyndicale, des associations et organisations diverses avec comme objectif principal la lutte contre les lois liberticides nous parait essentiel.

Le site Internet anti-délation est un outil précieux en ce qui concerne la diffusion des informations, les prises de position et de parole, la liste de discussion également. Nous vous remercions d’avoir répertorié les adresses des collectifs locaux, nos lieux et dates de réunion La question que nous souhaitons poser concerne la place des collectifs locaux au sein du CNU. Le nôtre a pour spécificité de regrouper des syndiqués (majoritairement à Sud Santé-Sociaux ) et des non syndiqués. Il nous paraît important que la parole de ces personnes soit prise en compte. Nous sommes également associés au Collectif de Défense des Libertés Fondamentales, qui regroupe lui-aussi une intersyndicale et des organisations.

Le collectif 76 a participé comme vous le savez à la réunion du 2 octobre à Paris, à l’appel du CNU. Une grève et une journée nationale d’action avaient été décidées en assemblée générale, pour faire obstacle à la loi de prévention de la délinquance lorsqu’elle serait présentée au parlement.

Finalement des actions locales ont été décidées le 14 décembre, dans une certaine confusion, puisqu’il n’y a pas eu de véritable débat entre le CNU et les collectifs locaux. A Rouen, ainsi que dans certaines régions une véritable mobilisation a eu lieu.

Puis une date a été fixée au 3 février par le CNU avec appel à la grève et à une manifestation nationale. Cette information ainsi que le mot d’ordre de grève ont été transmis très tardivement, à l’issue des vacances scolaires

. Pour notre part compte tenu du peu de forces militantes disponibles à cette date, il nous est apparu que nous courions au fiasco. Nous sommes presque tous salariés du secteur privé, et nous sommes trouvés dans l’impossibilité matérielle de nous organiser...

Les réserves exprimées par d’autres collectifs quant à cette date, mais aussi le fait qu’il soit extrêmement difficile de mobiliser en dehors des militants des collectifs, des salariés sur la base d’un projet de loi n’ont pas été pris en considération.

Certes une journée d’action avait été votée en assemblée générale le 2 octobre, mais doit on faire fi du contexte, et ne pas revoir ses positions lorsqu’on pressent l’impossibilité de mobiliser dans ce temps t... ? Nous nous sommes donc retrouvés ce 3 février à Rouen à une petite trentaine...Certains syndiqués étaient partis à Paris, donc plutôt que de regrouper nos forces nous les avons dispersées pour un résultat plus qu’aléatoire. Sans oublier que la date de la manifestation de soutien aux 35 heures a été fixée au 5 février... Les actions nationales ne doivent pas s’effectuer selon nous au détriment des mobilisations locales. Nous avons déploré par ailleurs que l’appel à la solidarité sur la base d’une souscription à nos camarades du collectif de la Marne soit si peu relayé par le CNU.

Au travers de ces dysfonctionnements, il nous semblerait indispensable que les collectifs locaux aient un espace de parole et de décision au sein du collectif National Unitaire, pour que soit assuré un fonctionnement basé sur la démocratie directe.

Il existe en effet une confusion entre le Collectif National Unitaire, et le collectif Ile-de-France, qui selon nous est un collectif au même titre que les autres et ne doit pas être une organisation décisionnaire pour l’ensemble des collectifs locaux.

Nous souhaitons donc qu’un débat national soit ouvert sur ce sujet et qu’à la prochaine assemblée générale des collectifs locaux notre questionnement soit mis à l’ordre du jour. Ainsi chaque collectif local pourra apporter ses propositions.

Dans l’attente de votre réponse, recevez nos salutations militantes.

Le collectif 76 des salariés du Social et du Médico-Social


1 Message

  • Tout à fait d’accord avec le collectif 76.
    Pour notre part, dans la marne, nous étions pour le maintien et l’appel à une manif et grève nationales le 14 décembre.
    Encore une trentaine de personnes en réunion à ce moment là étaint prêtes à faire le boulot nécessaire de mobilisation, etc. L’annonce du non maintien de ce que nous avions compris le 2 octobre a fait retomber les ardeurs. A cela s’est effectivement ajouté l’absence de volonté du CNU de relayer notre appel à soutien pour la plainte.
    Je pense que nous ne devons pas attendre une hypothétique AG des collectifs pour que ceux-ci se coordonnent : donnons-nous les moyens de le faire au plus tôt !
    Nath (marne)