communiqué de presse

vendredi 10 décembre 2004


Le mardi 14 décembre sera une journée de grève et d’actions des travailleurs sociaux en France : le gouvernement tente d’utiliser les travailleurs sociaux à des fins qui ne sont pas les leurs. C’est le cas avec le projet de loi dit « de prévention de la délinquance » initié par Sarkozy dans lequel il était prévu des aides financières pour la vidéo-surveillance, en particulier dans les établissements scolaires, un contrôle systématique et un fichage de la population, principalement de celle qui est le plus dans la précarité, ainsi qu’une conception policière et sécuritaire du travail social. Aujourd’hui piloté par De Villepin, le projet de loi sera présenté fin décembre au Parlement. Malgré les demandes officielles du Collectif national unitaire, le gouvernement refuse de nous donner accès à son contenu. Au niveau local, le collectif a dénoncé la tenue de contrats locaux de sécurité, à la fois illégaux et illégitimes . Coordonnés par une entreprise aux intérêt économiques privés et à l’idéologie sécuritaire affirmée, ils permettaient l’échange d’informations nominatives sur les familles sans leur accord et en présence de partenaires aussi divers que la justice, la police, l’éducation nationale, les bailleurs publics et les services sociaux départementaux et de protection judiciaire de la jeunesse . Nous rappelons que le droit au respect de sa vie privée est un droit reconnu par la loi. Par notre action, ces pratiques ont pu cesser pour l’instant. Cependant, et sur toute la France, nous recensons de nombreuses pressions qui vont dans le sens de ces dérives. De plus, nous sommes très inquiets de l’évolution de la justice des mineurs. A la création de celle-ci en 1945, l’acte de délinquance était considéré comme un symptôme de mal-être. Aujourd’hui la justice ne s’intéresse plus qu’à l’acte commis et non aux parcours de vie. Résultat : on enferme les jeunes sans rien résoudre. On croit rassurer la société mais en réalité, suite à l’enfermement, les actes de délinquance se répètent en général plus fort car les jeunes sortent amers et brisés. Le travail social ne doit pas et ne veut pas être acteur des logiques sécuritaires et de la criminalisation de la misère. On ne doit pas confondre personnes en difficulté et personnes dangereuses. Notre lutte, comme celle des secteurs de l’éducation, de la santé et de la culture notamment, concerne l’ensemble de la population et le choix de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous appelons les travailleurs sociaux et les citoyens à rester vigilants et mobilisés.

Vendredi 10 décembre 2004

Portes-parole pour le Collectif de l’Hérault : Séverine Ardau : 04 67 92 47 03 et 06 61 17 47 26 Estelle Massal : 04 67 34 03 88

Collectif de l’Hérault : A.N.A.S.-LR ; C.H.A.T. ; C.G.T.-U.L. ; C.N.T. ; S.N.P.E.S.-P.J.J.-F.S.U. ; S.U.D. Éducation et Santé Sociaux. ; des étudiants et professionnels du travail social. Avec le soutien de la Ligue des Droits de l’Homme, du Syndicat des avocats de France et du Syndicat de la magistrature.