Vitry-le-François : le conseil général fait marche arrière

mercredi 9 juin 2004, par Emmanuel


Suite à la mobilisation des travailleurs sociaux, le Conseil général de la Marne a fait marche arrière et renoncé à son projet de fiches nominatives recensant les difficultés sociales et familiales des usagers de Vitry-le-François. Alors que la ville fait partie des 24 « quartiers criminogènes » identifiés par l’ancien ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, le Conseil général avait déclaré vouloir mieux évaluer le travail social et améliorer les partenariats. « L’idée est de procéder à une évaluation des interventions des servicse sociaux sur la ville, afin de mieux cibler les actions des différents intervenants sociaux », avait alors expliqué aux ASH Gérard Gamichon, directeur adjoint à la solidarité départementale. De son côté, le Collectif national unitaire contre le projet de loi sur la prévention de la délinquance avait vigoureusement dénoncé un « fichage social », et voyait là un projet « remettant en cause la liberté individuelle et le respect des intéressés ». Il refusait donc un système ayant « pour seule et unique finalité de stigmatiser les populations les plus paupérisées en proposant des réponses sécuritaires, alors que seuls des choix politiques et économiques différents peuvent apporter une réponse ». Localement, le Collectif marnais de veille contre les dérives sécuritaires et les atteintes aux libertés des personnes, avait appelé à une journée de manifestation le 3 juin, qui a réuni environ 500 personnes.

Trouver une méthodologie   Recevant une délégation le lendemain, le président du Conseil général, René-Paul Savary (UMP), a annoncé qu’il renonçait aux fiches et acceptait de détruire celles qui avaient déjà été remplies. Mais « il a réaffimé qu’il avait besoin d’un diagnostic concerté sur la ville, rapporte le Collectif marnais. Il a donc demandé aux différentes structures approchées de travailler sur d’autres outils de travail. » Une réunion de travail était prévue mercredi 9 juin, en vue d’élaborer une méthodologie pour un diagnostic médico-social de Vitry-le-François. De son côté, le Collectif marnais a refusé de participer, estimant que « le cadre n’est pas clair ». « Pour nous il n’est pas question de participer de près ou de loin à l’élaboration de la loi sur la délinquance ». Une délégation du Collectif a prévu de se rendre à la réunion pour rappeler qu’à leurs yeux, « les objectifs d’un tel outil restent à ce jour totalement obscurs ».