Vitry-le-François comme 22 autres villes : Sarkoland !

Ce tract sera distribué le 27 mai dans l’entreprise Vallourec de Vitry-le-François.

mardi 25 mai 2004


De la criminalisation du mouvement social à la criminalisation de la pauvreté ! Alors que Vallourec réalise d’importants profits, sa direction prévoit la fermeture de l’usine de Laigneville. D’autres sites du groupe, dont celui de Vitry-Le-François ont accepté de reprendre la production de Laigneville afin de compenser les pertes liées au mouvement de grève des 117 personnes de l’Oise. Ce coup de collier accepté par deux centrales syndicales oblige des sacrifices supplémentaires pour les ouvriers de Vitry et il est de nature à fragiliser la grève des ouvriers de Laigneville. Avec un tel projet, sûr que l’action en bourse va prendre des ailes ! Produire plus pour moins cher : le rêve de tout patron qui se respecte. Les profits vont donc se consolider sur le dos des travailleurs. Le groupe n° 1 mondial dans la fabrication de tubes d’aciers accuse un chiffre d’affaire de plus de 2,5 milliards d’euros et le prix de ses actions en bourse a augmenté de 50% en un an entre février 2003 et 2004. Pour maintenir ce taux de profit pour les actionnaires il est question de sacrifier une unité de production.. Ainsi, pendant que le MEDEF organise la pauvreté, les politiques se préparent à criminaliser les luttes tout comme la pauvreté.

Aujourd’hui Laigneville mais demain Vitry pourrait être à son tour visée.

Alors que les patrons organisent le chômage pour leur plus grand profit, leurs amis politiques du gouvernement et de la mairie organisent la culpabilisation et le fichage des pauvres sans cesse plus nombreux ! Vitry a en effet été choisie comme ?ville pilote ? du projet de loi Sarkozy de prévention de la délinquance. Bien qu’il s’en défende, Michel Biard, maire de Vitry et par ailleurs partie prenante de la restructuration chez Vallourec, collabore à cette opération contre celles et ceux que cette société laisse sur le carreau. Des travailleurs sociaux se mobilisent pour refuser fichage et culpabilisation des plus démunis. Dans une ville sinistrée comme Vitry, nous sommes tous concernés. Nous devons refuser d’assimiler pauvres et chômeurs, travailleurs en lutte à des délinquants potentiels. Les véritables criminels sont ceux qui jettent des familles entières dans le désarroi du chômage pour augmenter toujours plus leurs profits. C’est à eux que la société, les travailleurs, doivent demander des comptes !

Solidarité avec nos camarades de Laigneville menacés par le chômage !

Vitry-le-François : une agglomération sinistrée.

Fin décembre 2003, l’agglomération de Vitry-le-François (22 000 habitants, dont 18 000 sur la ville même) comptait 1 875 demandeurs d’emplois, soit une augmentation de 14 % en un an. Dans le même temps, les offres d’emplois diminuaient de 14 %. Il faut dire que depuis des années, les suppressions d’emplois tombent à la pelle. Il y a quelques années, c’étaient les abattoirs et Nobel Plastic. En 2003, la mise en redressement judiciaire et le plan de reprise à Sarreguemines Bâtiment a mis à la porte 87 personnes (sur 366), la liquidation des Meubles Roll 120 personnes, la restructuration de Sucre Union à Sermaize 10 personnes (sur 127), la fermeture définitive des Transports Pierret 14 personnes (sur 97) ainsi que des transports Richelet 18 personnes et les établissements Grosyeux (5 personnes). Par un jeu de vases communicants, 50 licenciements économiques induits sont à rajouter. Depuis les années 80, Vallourec a connu une succession de plans sociaux qui ont réduit les effectifs de 1500 personnes à 659. les restructurations ont lieu désormais sur les autres sites du groupe et le maire de Vitry, cadre dans l’entreprise en est partie prenante. 45 % de la population inscrite à l’ANPE habite Vitry-le-François (51 % la communauté de communes). 50,8 % sont des femmes et 28 % des chômeurs de longue durée (inscrits depuis au moins12 mois), ce qui représente donc 526 personnes sur total de 1875, 26 % sont des jeunes de moins de 25 ans, 11 % ont plus de 50 ans. Pour faire face à l’état de pauvreté régnant sur la ville, le CCAS (centre communal d’action sociale) a mis en place une épicerie sociale. Vitry, dont 76 % des logements sont des logements sociaux jamais réhabilités depuis 40 ans, connaît depuis 2003 une opération de rénovation urbaine (ORU) prévoyant des destructions d’immeubles (dans les quartiers du Désert et de Rome Saint Charles), des constructions (mais pas destinées au même public) et des réhabilitations. Le quartier du Hamois et le centre ville viennent d’être équipés de caméras de vidéo-surveillance.

Les 18000 habitants de Vitry-le-François sont touchés par le fichage de masse au titre de l’expérimentation d’un projet de loi dite de prévention de la délinquance ! Des millions de précaires, chômeurs, des travailleurs aux revenus modestes, des centaines de milliers de recalculés, toutes celles et ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sont stigmatisés par ce fichage comme délinquants potentiels Progressivement, la fin de l’état social, de l’état providence, cède la place à l’état pénal. Les lois Perben et le projet Sarkozy constituent des pièces supplémentaires dans le mécanisme de la « tolérance zéro ». Cet arsenal juridique fait glisser la société tout entière dans un système totalitaire apte à contenir tous mouvements sociaux d’envergure. L’état sarkoland trouvera des fonds nécessaires pour construire les prisons de la misère parce que ces lois sont pensées pour alimenter la nouvelle industrie carcérale tout comme les centres de rétentions ou les centres fermés. Désormais, à l’instar de Vitry, il sera ordonné à tous les personnels de la santé de l’éducation ou du social de « balancer » les noms et fiches des patients, élèves ou usagers, sous peine de sanctions. En brisant un peut plus le lien social déjà très ténu, le pouvoir veut faire de toutes ces personnes des auxiliaires de police. Les travailleurs sociaux, de santé, de l’éducation ont le devoir de mener une objection de conscience collective face à ces projets qui veulent faire table rase du présent. Les élus de Vitry ou du Conseil général, hors-la-loi, doivent rendre les fiches à la population et mettre un terme à ce fichage de masse. Abolition des lois Perben et projets Sarkozy ! Tous avec les travailleurs sociaux contre les lois Sarkozy Le 3 juin prochain à partir de 11 h devant la Mairie, 12 h place d’Armes ... et toute la journée occupation de la ville.

Il est signé par l’EGREGORE (BP 1213 51100 REIMS), le CAS de Vitry-Vallourec (syndicat autonome Vallourec) et SUD ville de Reims.