VIOLENCES POLICIERES A CHALON SUR SAONE

ET ABUS DE POUVOIRS

vendredi 11 juin 2004

Il serait bon une fois pour toutes que nous puissions compter sur nos policiers, garants de notre sécurité... Il paraît ! L’article ci-dessous ne relate pas un fait unique. Ces histoires sans importance (puisque les plaintes sont classées sans suite) se reproduisent comme des petits poussins, la douceur en moins ! Au lieu de « tabasser » des petits jeunes tranquilles et non-violents, il feraient mieux de s’occuper de la vraie criminalité, des violeurs et autres sombres personnages... Mais c’est tellement plus simple de se jeter sur ceux dont on est certain du succès de la procédure « passage à tabac »


A Chalon/Saône (71), dans la nuit du 30 au 31 mai 2004 à 1 h 30 du matin, mon fils et son ami fumaient tranquillement une cigarette assis sur un muret, ils ne faisaient aucun tapage nocturne, n’ennuyaient personne, non, ils étaient simplement en train de prendre l’air après une soirée entre amis. Une voiture de la POLICE NATIONALE s’est alors arrêtée à leur hauteur afin de procéder à un contrôle d’identité. Mon fils et son ami n’avaient pas leurs papiers sur eux mais ont proposé de monter à l’appartement afin de leur présenter (appartement situé à 50 mètres de là). Les trois policiers ont refusé catégoriquement ! Mon fils a alors posé la question suivante : « ce n’est pas un crime que de ne pas avoir ses papiers en bas de chez soi ? » Et c’est ainsi que tout a commencé !

Ils l’ont attrapé violemment par le tee-shirt et quasiment jeté à terre afin de le menotter. Mon fils avait dans sa main droite un briquet et est tombé le poing fermé sur le bord du trottoir (fracture du 5ème métacarpe) ! Il est pianiste et droitier... Ils l’ont ensuite bousculé brutalement dans leur véhicule où ils lui ont encore cogné ses mains immobilisées contre la vitre intérieure de la portière ! Il s’est alors rebellé en parole en proférant quelques insultes « flics ratés » et autres noms d’oiseaux plus ou moins respectueux. Son ami en tentant de le protéger (et leur demandant ce qu’ils étaient en train de faire exactement !) s’est vu hurler : « toi, la ferme sinon on t’embarque aussi ». Ce qu’ils n’ont pas manqué de faire. J’étais alors présente car je venais de sortir ma chienne avant d’aller me coucher. J’ai d’ailleurs appelé les trois policiers et bien que je n’étais qu’à une dizaine de mètres d’eux, ils n’ont pas daigné me répondre ni même se retourner ! Pourtant, ils n’ont pu que m’entendre !

Je suis remontée chez moi immédiatement afin d’appeler le commissariat et j’ai appris que mon fils et son ami étaient en garde-à-vue. Plus tard dans le matin, j’ai rappelé le commissariat afin d’avoir des nouvelles de mon fils, le policier de garde a refusé de m’en donner, précisant que ce dernier avait refusé de me téléphoner et ne souhaitait pas me donner de ses nouvelles. Ce qui m’a profondément étonné de la part de mon fils mais craignant de lui porter préjudice, je n’ai pas insisté.

Son ami est rentré en mauvais état à la maison aux alentours de 9 heures avec les traces très prononcées des menottes autour des poignets, menottes qui avaient été serrées à l’extrême et malgré ses demandes de desserrage, les policiers ont refusé d’intervenir. Idem pour mon fils. A ce moment, j’ai appris tout ce qui s’était passé lors de l’arrestation et de la garde à vue. De plus et contrairement à ce que m’avait annoncé le policier contacté, ils leur a été interdit malgré leurs demandes réitérées, de passer un seul coup de fil aux parents afin de les prévenir de leur situation, pas plus qu’il leur a été permis lors de leur sortie d’appeler afin que l’on vienne les chercher. La réponse du policier a été : « il n’y a pas de ligne téléphonique prévue pour cela » En outre, ils ont été enfermés dans des cellules ignobles de saleté dont les murs étaient couverts d’excréments et d’autres diverses déjections, sans couverture, sans endroit pour leur hygiène, etc.

Mon fils a été frappé au visage et à de nombreux endroits sur tout le corps. Par conséquent, il a des hématomes au biceps gauche, au coude droit, d’autres aux cervicales droite et gauche (base du cou)... De même, il a été maintenu quelques minutes et brutalisé de part et d’autre de la pomme d’adam : (il a eu du mal à déglutir pendant trois jours.) A cet instant encore, son ami essayant à nouveau d’intervenir a été également frappé et s’est entendu dire : Tais-toi p’tit PD !

Ils ont été mis à nu tous les deux. Mon fils avait six policiers autour de lui qui l’ont humilié alors qu’il était dans le plus simple appareil (ce qui n’aurait jamais du se produire), ils ont tenu des propos homophobes (mon fils est homosexuel) => discrimination. Il n’en pouvait plus, il avait honte et pleurait en demandant que cela cesse. Cela n’a pas cessé. Cela a continué de plus belle !

Un médecin a été convoqué à 3 h 05 du matin afin de confirmer que mon fils était en bonne santé pour supporter une garde à vue. Ce même médecin a donc donné son accord tout en remarquant l’état de mon fils et en en prenant note. J’ai retrouvé ce médecin qui nous a fait un certificat.

Il est sorti de garde-à-vue à 12 h le matin du 31 mai dans un état lamentable.

Nous avons fait constater les blessures par un médecin de la maison médicale d’urgences de Chalon sur Saône qui a noté les hématomes et diverses contusions ainsi que la fracture du 5ème métacarpe de la main droite !

J’ajoute qu’un agent a proposé à mon fils un jus d’orange pour le petit déjeuner, mon fils a alors dit qu’il préférait un café (les nuits sont froides dans les cellules), l’agent lui a demandé si il avait de la monnaie, ce qui bien entendu n’était pas le cas en garde à vue, et comme il n’en avait pas il lui a répondu qu’alors il n’aurait pas de café car ils n’ont qu’une machine à pièces. Mon fils entendait le café couler dans la cafetière de la pièce à côté de sa cellule.

Par ailleurs, j’ai appris au retour de mon fils, que lorsqu’il est passé devant l’inspecteur de police, un des agents qui l’avait arrêté a dit : « sa mère nous a appelés et nous a insultés, ça ne m’étonne pas qu’il soit comme ça ! » Ce qui est totalement faux. Il faudrait être complètement idiote pour agir de la sorte risquant ainsi d’aggraver le cas de mon fils !!! Lors de mes trois appels, j’ai toujours été correcte. J’ai également appris que tout de suite après leur arrestation, ils ont été conduits tous deux aux urgences de l’hôpital de Chalon sur Saône. Mon fils était maintenu genoux à terre de façon brutale sous les yeux de son ami qui demandait à ce qu’on le laisse se relever, il n’a pas été entendu ! Son dos lui faisant mal ainsi que sa main, il a supplié les infirmières et infirmiers en présence de demander aux policiers de le laisser se remettre debout, aucune réponse n’a été donnée à ses suppliques. Aucun soin (malgré ses demandes réitérées) n’a été apporté à sa main qu’ils n’ont même pas pris la peine de regarder. Ayant trop mal au dos, il a esquissé un mouvement afin de se relever, malheureusement gêné dans son mouvement par la pression du policier, avec son pied, il a heurté la jambe de ce dernier et cela bien involontairement (mon fils et son ami sont des non violents, leurs passions sont le piano et la peinture pour l’un, la musique pour l’autre), ce qui fait que selon la mauvaise foi évidente des policiers, il est accusé de rébellion en plus d’outrages à agents. Ces policiers ont tout fait pour en arriver à leurs fins !

Dans le cas d’un outrage, celui-ci a été légitimement provoqué par les mauvais traitements et humiliations infligés à mon fils et à son ami, l’injustice aidant à l’expression de propos injurieux. Dans le cas de la rébellion, celle-ci n’a tout simplement pas eu lieu dans la mesure où ni mon fils, ni son ami, n’a à aucun moment opposé une quelconque résistance violente à l’encontre d’aucune des personnes dépositaires de l’autorité publique exerçant leurs fonctions à ce moment-là. Ils n’ont fait que subir une violence injustifiée de leur propre part.

La déposition que mon fils a signée par lassitude au bout de 10 heures d’incarcération et de multiples réponses de sa part « non, ça ne s’est pas passé comme ça »... a été rédigée « rôles inversés » c’est-à-dire que contrairement à ce qui est écrit, sa défense verbale est venue après les coups et non avant.

Mon fils doit passer au tribunal pour « rébellion et outrage à agents » en réunion et ce le 29 juin prochain. Ce qui est faux pour « en réunion » car cela stipulerait que ces deux garçons prévoyaient un mauvais coup à l’encontre des policiers alors qu’ils fumaient tranquillement une cigarette en discutant et qu’en aucun cas ils avaient prévu leur arrivée et cette arrestation arbitraire et plus que musclée, indigne de policiers civilisés exerçant leurs fonctions de protection du citoyen, honnêtement et justement.

Bien que nous n’ayons que de très faibles chances de gagner un procès tel que celui que nous désirons mettre en place, nous allons tout de même porter plainte.

Sachant encore une fois que nous n’aurons aucune écoute, je souhaite recueillir des témoignages ainsi que des aides quelles qu’elles soient afin de mener à bien cette affaire. L’avocate que mon fils a rencontrée s’est contentée de lui répondre ironiquement : « ça ressemble à un mauvais film américain ce que vous me racontez là » En fait, elle ne l’a absolument pas pris au sérieux, arguant le fait que ses tiroirs étaient pleins de ces historiettes et que la plupart du temps il ne s’agissait que de mensonges de la part des plaignants ! En bref : « Allez vous faire f..... ! »

Je tenais à faire ce témoignage afin de dénoncer ces violences qui n’ont pas lieu d’être. Mon fils et son ami, au moment de l’interpellation, étaient tout à fait coopératifs. La situation a dégénéré à cause de ces policiers investis d’un pouvoir qu’ils ne maîtrisent pas. Tout citoyen doit se trouver normalement en sécurité auprès des services de police. Ce qui n’est visiblement pas le cas ! Mon fils et son ami ne sont ni des malfaiteurs, ni des violeurs, ni des voleurs ou des assassins, ils n’avaient tout simplement pas leurs papiers sur eux. Cependant, ils ont été traités et humiliés lamentablement. La police cette nuit-là a brillé par ses capacités ô combien efficaces de brutalités et d’avilissement de la personne !

Une mère objective et outrée !"


8 Messages de forum

  • Moi, malheureusement je vous crois . Le fait que vous relaté est caracteristique de l’ambiance générale. Nous sommes dans le pays de la liberté , de la tolérance , mais seulement dans les livres . A l’heure de la commémoration du débarquement , ou l’on nous rabache « plus jamais ça », on oublie que c’est la délation, la diffamation, l’intolerance qui ont permis que les choses aillent si loin. Visiblement, beaucoup n’ont pas compris la leçon .Changez d’avocat, prenez un avocat proche de la mouvence des droits de l’homme. Je suis de tout coeur avec vous. amicalement. Isabelle.

    • > VIOLENCES POLICIERES A CHALON SUR SAONE 13 juin 2004 08:17, par diana BAPTISTE-KERBOAS

      Merci pour votre message Isabelle, les choses prendront un certain temps, c’est sûr, mais nous ferons ce qu’il faut pour atteindre notre but (police et hôpital). Il faut que les gens se mobilisent, concernés directement, indirectement ou pas du tout. C’est un gros travail.
      Encore merci à vous.

      • > VIOLENCES POLICIERES A CHALON SUR SAONE 13 juin 2006 23:13, par Chantal Morvan

        Des hommes et des femmes se sont battus au nom de la non- violence de la tolérance, de la liberté de penser, de la liberté tout court...Certains se sont découragés (et on les comprend) mais d’autres ont su se relever et continuer pour nous passer le flambeau : Celui qui symbolise la dignité de l’être humain.
        Et qu’est ce qu’un être humain sans dignité ?...
        Personne n’ a le droit d’en porter atteinte ! Je fais partie des gens en colère, de voir le pouvoir entre les mains de gens bien planqués derrière leur uniforme.J’ai honte pour eux.Cette violence facile est l’appanage des imbéciles.
        Mais quel que soit l’issu de cet affaire, vous, vous faites parti des gens debout.Courage à vous deux et merci pour l’exemple.

  • Une tres bonnes idée que de recceuillir des témoignages.Les policiers de clalon sur saone sont des individus tres dangereux avec un QI tres limité et je sais de quoi je parle.
    J’ai de nombreux exemples personnel et d’amis.Notre dernier outrage à agens date d’il y a peu.En sortant du resto chinois,devant l’entrée nous nous somme fait embarquer sans aucune raison.on digérait on discutait avant de prendre notre voiture,rentrer chez nous dormir pour aller travailler le lendemain.mais notre nuit a été toute autre comme celle de vtre fils,toute aussis musclée et hygienique.un truc enplus,nous avons eu droit à du corps de chasse devant les cellules pour nous faire chier en se faisant naturelement insulter d’hommo etc...
    Et je pense pourtant que nous sommes des gens sympatique en tout cas pas dangereux pour notre chere belle société. bonne chance

    • Alors il faudrait dire au ministère de l’intérieur de relever le concours de gardien de la paix s’il ont un QI de fourmi, car actuellement il faut être titulaire du baccalauréat pour passer le concours.

  • Nous somme une famille arrivée il y a trois ans Chalon sur Saône. J’ai 57 ans je suis pré retraité et notre famille est constituée de trois personnes ma femme et notre fille de 8 ans. J’ai été victime en 2005 de violences policières à Chalon sur Saône et d’abus de pouvoir avec également violences et garde à vue une nuit pour la première fois de ma vie. J’ai porté plainte auprés du tribunal et l’affaire est chez le procureur. Je peux apporter mon témoignage.

  • VIOLENCES POLICIERES A CHALON SUR SAONE

    3 juin 2007 14:33, par Elodie-45

    Un peu tardivement je prends connaissance de votre réclamation. Je suis vivement intéressée par votre problème. En effet, j’ai vécu à peu près les mêmes choses, et pire encore. Vous pouvez me contacter sur mon adresse mail : ninaricci club-internet.fr
    Beaucoup d’injustice, hélas, mais il ne faut pas se laisser aller à passer l’éponge, il existe une vraie réparation d’injustice, il faut pour cela taper à la bonne porte.
    A bientôt de vous lire.
    Elodie-45

  • VIOLENCES POLICIERES A CHALON SUR SAONE

    11 octobre 2007 09:43, par tartampion71

    Arretez de prendre les gens pour des imbéciles dans vos propos il est clair que vous etes parfaitement anti-flics. Les flics ne peuvent pas se permettre ce genre de comportement car ils savent ce qu’ils risquent. Je ne dis pas que la force n’a pas été utilisée.Votre exposé est tellement grossier.. Si c’est le cas c’est qu’il y avait une raison. J’ose espérer que la carrière artistique de votre rejeton n’a pas été interrompue suite aux graves blessures occasionnées par ces policiers barbares. Je vous prie de croire que si ces faits étaient exacts, les juges se seraient fait un plaisir de condamner ces méchants policiers.Vous pensez nous faire croire que les juges vont classer ces plaintes sans suite ? Bien au contraire.. Sans compter les sanctions sur le plan administratif exclusion, mutation ou autres...pour le non respect des procédures comme vous l’indiquez si bien..tabasser des petits jeunes tranquilles sans raison ? juste par plaisir ? vous nous prenez pour des cons. Arrétez de vous masturber et de trop regarder les films. Naturellemnt je pense que l’administrateur du site va mettre mon propos à la poubelle.