Un précédent politique grave...

dimanche 20 mars 2005


La population le sait, en particulier depuis le printemps 2003, la décentralisation est une arme contre le service public et de plus comme les moyens ne suivent pas elle met en difficulté les finances des régions et des départements. C’est vrai pour l’Education Nationale c’est aussi vrai pour la Solidarité Nationale dont le RMI fait partie. Devant cette situation qu’a fait le Conseil Général des Bouches du Rhône (à majorité socialiste et communiste) ? Au lieu de s’appuyer sur le mouvement social tant des personnels que des chômeurs pour combattre la politique gouvernementale, il a décidé, évidemment sans concertation, de s’en prendre non aux responsables de cette politique, mais aux victimes de celle-ci. Comme le dit si justement le Collectif contre l’exclusion « il a préféré s’en prendre aux pauvres qu’à la pauvreté ».Devant la montée du nombre de chômeurs et donc de Rmistes, il a mis en place, pour la première fois en France, un dispositif départemental directement inspiré de la loi Borloo, destiné à radier et à éliminer le maximum d’entre eux.

Le mardi 15 mars une réunion statutaire passant outre l’avis de toutes les organisations syndicales du personnel, a voté l’embauche de « 30 contrôleurs d’insertion » chargés de faire la chasse « aux profiteurs du RMI » (sic) en particulier « les gens du voyage, les professionnels de la culture et les jeunes des quartiers sud » (resic propos tenus à la presse par le président socialiste du CG). Devant les grilles du CG, bien cadenassées pour la circonstance, un rassemblement, jamais vu dans ces proportions, de Rmistes et de travailleurs sociaux de toutes associations, a bien protesté en vain...pour cette fois ci.

Le fait qu’aucun élu de gauche n’ait voté contre cette décision qui pourrait aboutir à la radiation de 21 000 Rmistes de notre département en dit long sur le fossé qui existe entre les politiques et la population. Que cela se passe dans un département de « gauche » créant ainsi un précédent politique grave, montre assez qu’il y en a qui refusent encore et toujours de tirer les leçons d’un certain 21 avril.

Comme pour la Constitution, quand on est de gauche il faut savoir dire NON aux mesures d’inspiration libérale, à la politique du bouc émissaire, au populisme, à l’exclusion.

Comme l’a dit le syndicat CGT du CG dans une déclaration que tout élu ferait bien de méditer pour sa propre action politique : « De cette majorité départementale, nous aurions souhaité des actes constructifs en matière de sauvegarde de l’emploi, d’accès à la formation, de prise en compte des problématiques de santé et de logement. »

En ce qui concerne Rouges Vifs nous considérons que ce qui doit guider toute action politique c’est l’intérêt des gens et le progrès social. Nous refusons de brader nos idéaux sur l’autel des réalismes politiciens.

Communistes nous restons du côté des salariés, des exclus et de ceux qui ont choisi de travailler à leur service.

Le bureau de Rouges Vifs 13 Le 17 mars 2005