Un policier ou un gendarme référent pour chaque établissement scolaire -

mardi 12 octobre 2004, par Emmanuel


Le ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin, anticipant une nouvelle levée de boucliers, a indiqué qu’il n’était pas « question de s’introduire dans l’école mais d’apporter notre concours ». L’école et la police - ou la gendarmerie - ont formalisé leur partenariat contre l’augmentation des violences scolaires, lundi 4 octobre, à Dreux, où les ministres de l’intérieur et de l’éducation ont signé un protocole d’accord entre les deux institutions.

Alors que les signalements d’actes de violence scolaire (racket, incivilités, toxicomanie, dégradations, actes antisémites ou racistes...) étaient en augmentation de 12,8 % sur l’année 2003-2004 par rapport à l’année précédente, ce protocole instaure un policier ou un gendarme « correspondant » pour chaque collège et lycée. « C’est une expérience qui existait déjà dans un certain nombre d’établissements en France, nous avons voulu la généraliser », a précisé Dominique de Villepin, le ministre de l’intérieur, lors de la signature du protocole d’accord au collège Pierre-et-Marie-Curie situé en zone sensible à Dreux. « Ce correspondant aura une connaissance de chaque établissement beaucoup plus grande, il ne sera pas dans le collège mais sera le correspondant du chef d’établissement », a expliqué François Fillon. Le texte précise que le « correspondant » et le chef d’établissement devront notamment « échanger des informations », « élaborer un diagnostic sécurité de l’établissement » et « transmettre les signalements relatifs aux faits de violence ». Parallèlement, le dispositif prévoit l’« organisation en commun (...) de séances d’information sur la sécurité, le racket, les injures racistes ou sexistes, les violences », ainsi que des actions de prévention sur les toxicomanies et la sécurité routière. Ces actions doivent se faire « à l’intérieur de l’école », a estimé M. de Villepin. « Il faut parler aux enfants, en parler, c’est déjà comprendre, c’est éliminer la peur. » VIVE CRITIQUE DE LA FSU La présence policière à l’intérieur de l’école avait provoqué une levée de boucliers en mars, lorsque Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait proposé l’installation en permanence dans les établissements difficiles de « policiers référents ». Dominique de Villepin et François Fillon se sont donc montrés très prudents lundi. « Il n’est pas question de s’introduire dans l’école mais d’apporter notre concours », a précisé le premier, tandis que le second évoquait « un bon compromis ». « Concours ne signifie pas confusion, car la place de la police n’est naturellement pas de s’installer dans l’école », a insisté le ministre de l’éducation. « Depuis plusieurs années, l’école n’est plus un sanctuaire. Les statistiques nous le rappellent, la violence y connaît une augmentation lente mais réelle », a-t-il estimé. M. de Villepin a cependant précisé qu’il avait donné « des consignes » pour que les forces de l’ordre assurent « une surveillance particulière » aux abords des collèges et lycées et sur les trajets scolaires, lieux fréquents, notamment de racket. La FSU, principale fédération de l’éducation, a estimé qu’« on peut légitimement s’interroger sur les intentions réelles des deux ministres lorsqu’on constate qu’en trois ans 30 000 jeunes adultes, dont le rôle était précisément de renforcer l’encadrement éducatif des élèves, auront été retirés des écoles, collèges et lycées ». Avec AFP/ LEMONDE.FR | 04.10.04 | 18h50