Un militant CGT risque de figurer au fichier des empreintes génétiques

Le Monde, 17 avril 2004

dimanche 18 avril 2004


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La CGT a dénoncé, jeudi 15 avril, dans un communiqué, la convocation par la police de Charles Hoareau, le responsable du comité chômeurs de la CGT des Bouches-du-Rhône, pour un prélèvement biologique en vue de son inscription au fichier national des empreintes génétiques.

M. Hoareau avait été condamné, en janvier 2000, à cinq mois de prison avec sursis pour « violence volontaire » contre des policiers : il s’était opposé, sur le port de Marseille, à l’embarquement d’un sans-papiers tunisien en cours de régularisation. « Je suis le premier syndicaliste touché par cette loi scandaleuse. On ne peut pas tolérer que l’on banalise ainsi le fichage des gens », a souligné M. Hoareau.

Mardi 13 et mercredi 14 avril, près de 200 personnes condamnées ont été convoquées à l’hôtel de police de Marseille pour y subir un test salivaire. Cette démarche intervient dans le cadre de la constitution du nouveau fichier des empreintes génétiques, qui a été considérablement élargi par la loi Perben II sur la grande criminalité. La CGT déplore « la perversité d’une loi qui traite de la même façon les pédophiles, les trafiquants de drogue et les auteurs de délits mineurs. Nous constatons aujourd’hui qu’elle peut aussi être utili- sée pour combattre l’action syndicale ».

« Le syndicalisme n’est pas une activité criminelle, et nous ne tolérerons pas qu’un dirigeant syndical soit soumis à un traitement infamant », explique la centrale de Montreuil. Celle-ci s’étonne que cette convocation soit intervenue « à la veille du jugement du tribunal de grande instance de Marseille, qui vient de donner raison aux chômeurs contre la nouvelle convention Unedic ». « Charles Hoareau est l’un des animateurs de la campagne en cours », rappelle le syndicat de Bernard Thibault, qui dit ne pas croire à « un effet du hasard ». - (AFP)

• ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 18.04.04