Succès de la journée contre la prison pour mineurs ! Ce samedi 11 juin à Lavaur.

vendredi 17 juin 2005, par Emmanuel


Guidés par l’image d’un bien triste « Petit Prince derrière les barreaux », plus de 300 personnes sont venues, écouter à Lavaur les arguments des opposants à la construction des 7 établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) prévue par la loi Perben de septembre 2002.

Dés le matin, à l’initiative de Sabine et de son groupe d’artistes, des dizaines de personnes ont déposé, partout dans la ville, des centaines d’affiches crées par Honoré pour alerter les habitants... sur ce qui pourrait arriver...si nous restons indifférents ! Le théâtre du fil et sa troupe d’une douzaine de comédiens ont déambulé sur le marché vauréen, plutôt bien perçus par les forains et les habitants. C’est dans une halle aux grains remplie que de nombreux participants sont venus écouter l’intervention de jacques bourquin, historien, axée sur les prisons pour mineurs à travers les siècles ; maison d’éducation correctionnelle, colonies agricoles ; centres pénitentiaires. Toujours présentés abusivement comme éducatives ! En 1979, le ministre de droite Peyrefitte, préoccupé par l’augmentation de la détention provisoire des mineurs et de la récidive qu’elle génère supprime les derniers centres fermés. « ... C’était trop court !!ont dit la plupart des participants ».

Hélène franco, pour le syndicat de la magistrature, parlant de l’époque actuelle, a dénoncé la politique de pleine répression du gouvernement, l’insécurité générée par la police ( !) dans certaines cités, le manque de moyens financiers et humains consacrés à l’éducatif et à la prévention. A cet égard l’abandon de l’esprit de l’ordonnance de 45 concernant les mineurs délinquants signifie bien le renoncement à l’éducation. « Analyses percutantes et troublantes pour certains d’entre nous ! » Eric corsin, pour le SNPES a rappelé les missions de l’institution PJJ auprès de tous les mineurs en danger qu’ils aient ou non commis des délits. Il a dénoncé les bouleversements actuels et l’instrumentalisation des services au profit d’une politique exclusivement répressive orientée vers la prise en charge sous menace. Les choix budgétaires viennent ancrer durablement les orientations annoncées. Educateur depuis 25 ans, témoin de certains parcours de jeune, il a démontré, avec émotion, comment il faut maintenir le choix de l’éducation dans la durée et dans les conditions de vie réelle. Tout au long du débat, les élèves de la MJC de St Sulpice ont déclamés des paroles de détenus ; le public s’est laissé troubler par l’intensité et la qualité de l’expression. La troupe du théâtre du fil, composée de jeunes en réinsertion, a accompli une excellente prestation, démontrant leur engagement dans ce projet qui les reconstruisent et les fait se produire en véritables professionnels. Jean paul Pujol à la guitare, poète et travailleur du chant social a nourri la flamme de la résistance entre culture rurale et culture urbaine. Pour clore la journée, « la rue des pavots », un groupe local de jeunes bien rythmés par le ska du terroir a fait valoir ses textes sur fond de liberté dans les sons et lumières organisés magistralement par Benjamin. Cette journée n’aurait pu se réaliser sans la présence et bienveillance de Patrick.