Soixante ans après, Attac rassemble les grands résistants

Libération, Hervé NATHAN, 11 mars 2004

jeudi 11 mars 2004

L’association célèbre ce week-end l’anniversaire du programme du CNR.


Voir en ligne : http://www.liberation.fr/page.php?A...

Qui s’en souvient ? Il y aura soixante ans lundi prochain, soit le 15 mars, le Conseil national de la résistance (CNR) mettait la dernière main à son programme dans une France encore occupée.

Il s’agissait d’un manifeste pour la reconstruction du pays, en rupture avec le régime de Vichy bien entendu, mais aussi avec la IIIe République qui s’était écroulée lors de la débâcle. Ce programme prônait notamment « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale », le « droit au travail », l’instauration du « plan », « la participation des travailleurs à la direction de l’économie », la création d’« une retraite pour les vieux travailleurs », ou encore un effort pour favoriser « l’accès à la culture ». Petit à petit, ce programme fondateur du CNR est tombé dans l’oubli, après avoir été en partie appliqué par la IVe République dans la foulée de la Libération, en particulier dans trois domaines : la Sécurité sociale, la planification et les nationalisations.

Déterrer. L’association Attac entend aujourd’hui le déterrer, dans l’intention de démontrer qu’une « autre voie est possible ». Samedi et dimanche, au Palais des congrès de Nanterre, Attac rassemblera donc treize « grands résistants », du couple formé de Raymond et Lucie Aubrac à Jean-Pierre Vernant, en passant par Claude Alphandéry et Philippe Dechartre, tous signataires d’un appel à commémorer l’événement.

Mission. Car, selon ces grands anciens, d’utiles parallèles peuvent être tirés entre l’époque de la lutte contre le nazisme et la période actuelle. Ainsi, Stéphane Hessel juge-t-il que « la crise d’aujourd’hui rappelle celle du capitalisme des années 1930 », que « nous assistons à un retour en arrière ». « A l’époque, on nous disait à propos de la sécurité sociale : vous n’avez pas les moyens financiers de ce que vous avancez ! Le problème de l’argent était déjà posé. Heureusement, la résistance a conservé ses ambitions », se souvient Maurice Kriegel-Valrimont qui, rejoint par Philippe Dechartre, se présente comme l’« un des derniers gaullistes de gauche » et proclame : « L’avenir est fait d’utopies qui ont réussi. »

De son côté, le président, d’Attac, Jacques Nikonoff, trouve dans le programme du CNR et sa commémoration un moyen d’illustrer et défendre « l’Etat social », face aux attaques du libéralisme : « Pour le FMI, les Etats-providence sont issus d’une situation « anormale », celle de l’après-guerre. Aujourd’hui, il faudrait les mettre en concurrence, et revenir à la situation d’avant guerre. » Attac prétend donc se donner pour mission de « défendre l’esprit de Résistance et le rejet de la soumission ». Et se revendique ainsi de l’héritage national le plus glorieux.

© Libération


1 Message

  • > Soixante ans après, Attac rassemble les grands résistants

    13 mars 2004 17:42, par Lerch Sylvette

    Comptez-vous lancer un appel médiatique, ainsi qu’un appel à la population le 15 mars 2004 ? Le Conseil National de la Resistance aura peut-être plus d’impact et sera peut-être plus mobilisateur que ne le sont les images de la misère, des gens désespérés d’avoir perdu leur emploi etc... il nous arrive tellement d’images qu’il serait trop long de les donner toutes . Peut-être même serez vous les seuls à pouvoir faire comprendre aux Français qu’il n’y a qu’en résistant et en étant tous dans la rue, que jusqu’a nos jours les peuples
    du monde ont pu acquérir le peu de liberté qu’ils ont. Il serait bien que les gens n’oublient pas que nous sommes le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, celle de Victor Hugo de Voltaire de de Zola ces hommes qui se sont battus, qui se sont mis en danger pour défendre les mêmes idées que celles qui motivent votre appel, de nos appels car je fais parti des. personnes désespérées par ce qu’elles voient, par la préscience de l’avenir si sombre que ces hommes préparent à notre pays, aux générations futures, hommes tueurs de liberté, tueurs d’intelligence, tueurs d’amour .