SUCCES DE LA MOBILISATION DU 14 DECEMBRE devant la Préfecture d’ANGERS

jeudi 16 décembre 2004


« Non à la chasse aux pauvres »

« Réagissons, nous sommes tous des délinquants potentiels »

C’est devant ces deux banderoles accrochées aux grilles de la Préfecture, qu’entre 100 personnes (selon le Courrier de l’Ouest) et 200 personnes (estimation Nouvelle République) se sont rassemblées à 17h, pour s’opposer à l’évolution sécuritaire et pour dire NON à une nouvelle loi de prévention de la délinquance, qui condamnerait encore un peu plus les pauvres et qui ne s’attaque pas aux vraies causes économiques et sociales.

Des assistantes sociales, des éducateurs de prévention spécialisée mais aussi et c’est nouveau des travailleurs sociaux issus d’autres institutions (ASEA, Rive Bleue, Promojeunes, CHRS accueillant les SDF, Protection Judiciaire de la Jeunesse, et d’autres associations), des enseignants, des militants d’ATTAC, de Ras l’Front, du Mouvement de la Paix, du CLAM, de nombreux chômeurs d’AC Angers, les syndicats CGT, SNPES-FSU et SUD, des syndiqués qui attendent en vain l’engagement de leurs confédérations, quelques étudiants (pas assez), et des individuels étaient présents.

Après un dépôt de bottins devant les grilles de la Préfecture, nous sommes allés en chantant (nous avons pu entendre les belles voix et les compositions de véritables artistes !), vers la place principale du Centre-Ville, pour distribuer des tracts et aller à la rencontre des angevins, au milieu du Marché de Noël.

Dans les prises de parole, il a été annoncé que dans les nouveaux textes à venir, il n’était plus question de remettre en cause le « secret professionnel », ni même d’instaurer le « secret partagé », c’était à chaque professionnel de prendre ses responsabilités par rapport aux dispositions légales. Ces engagements qui proviennent de l’échange entre le Collectif National et le Ministère de l’Intérieur qui s’est déroulé la semaine dernière, vont-ils être tenus ?

Sont-ce les premiers résultats de la mobilisation de l’ensemble des professionnels de l’action sociale, du soin, de la justice et de l’éducation, en cours depuis un an, ou encore un nouvel artifice pour calmer les ardeurs des opposants, et pour « noyer le poisson » ?

Sachant que par ailleurs, localement, le commissariat central d’Angers adresse un questionnaire de 19 questions concernant le mineur qualifié de délinquant, où à côté de questions anodines, se glissent d’autres sur le « caractère, la moralité, les habitudes et les penchants du mineur », sur l« ’état auquel on le destine », sur « le nom de ses fréquentations habituelles », etc., et de 14 questions concernant les parents qui ont trait entre autres, à « leur conduite, leur moralité, leur réputation », ou encore « s’ils sont enclin à l’ivrognerie, à l’oisiveté ou à l’inconduite ». Les éducateurs sont tenus d’y répondre et de venir les signer au commissariat. Un enseignant témoigne qu’une directrice d’école a reçu un questionnaire similaire.

Il y a lieu de continuer à appeler tous les profesionnels et tous les usagers à peser de toutes leurs forces pour écarter tout texte « sécuritaire » nouveau, mais pour qu’au contraire, un débat s’instaure sur de véritables propositions pour réduire l’augmentation des personnes en difficulté qui en amène quelques unes dans la déviance.

Il convient d’arrêter cette chasse aux pauvres qui vise à les contrôler, à les ficher comme des délinquants potentiels.

Les professionnels ont mieux à faire qu’à devenir des auxiliaires de police, en remplissant ces odieux fichages.

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