Réunion publique sur les lois de prévention de la délinquance et le rapport INSERM

dimanche 14 mai 2006, par Sophie.L


Le 11/05/06, malgré un entrefilet dans le canard régional, nous n’étions qu’une quarantaine à la réunion publique sur la loi de prévention de la délinquance, à l’appel du Collectif 76 et du Collectif pour la Défense des Libertés Fondamentales. Yvon Miossec (CDLF)a présenté toutes les actions entreprises depuis la première loi liberticide, et a fait les liens avec le CNU et les collectif locaux.

J’ai expliqué brièvement les fondements de la prévention spécialisée, car il y avait un certain nombre de personnes qui n’exerçaient pas dans le travail social, son démentelement à partir de la 1 ère décentralisation,avec la mise sous tutelle de ce secteur par les Conseils Généraux, la généralisation des audits pour « rentabiliser » et enfin la suppression des budgets associatifs, remis subitement en place après la crise des banlieues.

ça a illustré la dérive sémantique, de l’appellation de loi de prévention de la délinquance qui n’est en realité que la loi de repression de la délinquance. Puis j’ai abordé le rapport Benisti à partir de la courbe, et de son contenu principal.

Christian Prime,’educ spé de formation) membre du collectif 76 a fait une intervention très complète sur les efftets sociaux de la loi, les risques pour le travail social de la disparition de la relation de confiance. Cela induit l’impossibilité pour nous à l’avenir de travailler ( entre le dépistage précoce des troubles de la conduite, les carnets de comportements, la« délation » des « coordinateurs » (Corbeaux en chefs) chargés « d’informer » les maires, qui peuvent jusqu’à faire supprimer les prestations familiales, ou exiger la nomination d’un tuteur pour les dépenser « à bon escient »qui dorénavant osera confier ses difficultés ?. Il a été question aussi du « tri » effectué à présent par les services, qui offrent les dispositifs aux moins déglingués... pour faire du chiffre en matière d’insertion réussie... Puis nous avons abordé la souffrance psychique, et la déviance, et conclu que les seules réponses apportées aujourd’hui sont : les traitements par psychotropes et neuroleptiques divers, et l’enfermement. L’ abandon des prises ne charges analytiques, le démantelement de la psychiatrie ambulatoire de type CMP ont été évoquées

Comme dit Sarkosi, « Rechercher les causes ne sert à rien, ça n’est qu’un alibi sociologique, il faut agir » !

Un prof à la fac de psycho de Mont Saint Aigan, sur le rapport de l’Inserm, dont il a totalement invalidé la méthode et la soi disant démarche scientifique. Il s’agit en fait d’une meta recherche qui a simplement recueilli un certain nombre d’articles, de témoignages allant tous dans le même sens pour étayer la thèse que des traitements seraient éfficace à partir d’un dépistage précoce, sur d’éventuels troubles de la conduite Une démarche de ce type doit faire des liens entre les éléments, les problématiser...il a souligné qu’un parcours n’était jamais lineaire et que confondre diagnostique et parcours de vie était une aberration.

Un débat a suivi

il a été beaucoup question de la marchandisation du travail social. Une AS a expliqué que bien que la loi n’ait pas encore été votée, les services sociaux de son secteur recevaient par le maire un fichier nominatif des personnes qui n’avaient pas acquité leur factures EDF avec une injonction aux AS de les solliciter pour établir des échéanciers ! (elle a même découvert des noms de copains à elle, oh !!!)

cette « prestation » a été refusée par les AS qui trouvent la démarche totalement infantilisante pour les personnes.(Assistante Sociale mène à tout aujourdh’ ui, il y a la banque postale, il y a à présent la banque sociale, service de recouvrement....)Elle doit écrire à la CNIL pour savoir si la circulation d’un tel fichier est légal...

Une collègue psy du collectif 76 a expliqué toutes les confusions sémantiques qu’il y avait dans le rapport de l’inserm, ou à force de ne pas préciser le sens des termes employés, personne ne parle de la même chose... Un éducateur PJJ a soulevé une question qui a beaucoup interpelé, celle qu’il est necessaire de se poser en terme de « jusqu’où va-t-on pouvoir aller en matière de dérives dans l’exercice nos professions », question individuelle mais nécessairement collective, pouvant aboutir à une « résistance-desobeissance civique » contre la délation etc... il a évoqué par ex, l’élaboration d’un manifeste charte, idée très interessante, qui pourrait circuler dans les collectifs, organisations, syndicats, J’ai soulevé la question suivante : vous exercez dans un secteur auprès d’un enfant et vous êtes nommé coordonateur pas le maire, si votre association ne s’est pas prononcée contre, que faites vous ? vous démissionnez, vous vous tirez une balle ? or ce type d’intervention pourra être validée et imminente des que sera votée la loi. Une riposte collective et organisée pourrait contrecarre cette dérive. Une autre collègue de la FSU PJJ a évoqué le recul des luttes dans ce secteur, auparavant fort, qui gagnait à tous les coups. Nous avons ensuite abordé l’ état des professionnels du social, de plus en plus découragés, mais nous avons fini sur une note optimiste : le recours aux organisations, aux collectifs, pour trouver des axes de réflexion, d’analyse, et tout simplement l’énergie necessaire pour lutter contre toutes ces saloperies... (oufff !!)