Réunion débat sur l’hysterie sécuritaire

mercredi 10 octobre 2007, par Sophie.L


POPULISME PENAL ET ENFERMEMENT

REUNION-DEBAT VENDREDI 19 OCTOBRE De 20H à 23H Salle du Conseil Général à Rouen (Entrée face au 2 rue St Sever)

Depuis 10 ans, l’idéologie sécuritaire, renforcée par les nouvelles technologies et l’exploitation de la souffrance des victimes conjuguent leurs effets pour faire réaliser à notre démocratie le grand bond en arrière de nos droits et de nos libertés.

Obsession Sécuritaire :

S’appuyant à l’origine sur la lutte contre le terrorisme depuis les attentats du 11 septembre, l’accumulation de lois toutes plus répressives les unes que les autres (Loi de Sécurité Quotidienne, Loi de Sécurité Intérieure, Loi d’orientation et de programmation pour la justice, Loi de prévention de la délinquance, etc..) se dispense désormais de cet argument.

-  Multiplication et généralisation des fichiers ( Système de Traitement des Infractions Constatées, Fichier National des Empreintes Génétiques, fichier base élèves dans les écoles maternelles et primaires)

-  Utilisation de la biométrie comme contrôle social (cantines scolaires), utilisation des tests ADN (pour les étrangers) extension de la vidéosurveillance (dans les rues, les entreprises, les transports…)

-  Diminution des garanties procédurales, nouvelles incriminations destinées à normaliser les comportements déviants, réduction de la liberté d’expression, augmentation des peines encourues, négation de la spécificité du régime des mesures concernant les mineurs, tests génétiques pour les étrangers, peines planchers.

Connivence médiatique :

L’arsenal sécuritaire et technologique se déploie sans limites, dans l’indifférence d’une grande partie de la population victime d’une exploitation des faits divers diffusés en boucle par les grands médias, audiovisuels, sous influences du Pouvoir.

L’efficacité de la complicité médiatique ainsi que l’emprise de l’audiovisuel visent à convaincre les citoyens d’accepter leur propre servitude et d’abandonner leurs droits, sous prétexte de lutte efficace contre l’insécurité.

Ainsi, au droit à la Sûreté, garanti par la Déclaration des Droits de l’Homme, c’est à dire le droit des citoyens à être protégés de l’arbitraire du pouvoir d’état, l’offensive médiatico-libérale a substitué le droit à la Sécurité, en nous faisant croire à une incompatibilité entre l’exercice des droits et des libertés et la sécurité quotidienne.

Une justice dévoyée :

La Justice n’est plus destinée à tenter de dire le droit. Elle est sommée désormais, de s’inscrire entièrement dans une chaîne pénale rationalisée, robotisée, destinée sous la coupe de l’exécutif au service de l’Ordre Public, à produire des résultats en terme d’enfermement.

Mettre les victimes au cœur de la justice ?

Le progrès de la justice a consisté à faire en sorte qu’on ne juge plus seulement des actes, mais surtout des êtres humains. Avec l’instauration de peines planchers, en gommant la spécificité de la justice des mineurs, en voulant juger les « fous », c’est carrément le retour au Moyen Age ! La primauté donnée à l’émotion des victimes est une orientation grave de conséquences. Elle remet en cause un fonctionnement impartial de la justice. Aujourd’hui, l’obsession répressive entend franchir un degré de plus en préconisant le jugement des irresponsables mentaux et l’enfermement psychiatrique indéfini des délinquants sexuels après la fin de leur peine, dans des prisons hôpitaux.

Deux poids deux mesures !

L’annonce de la possible dépénalisation du droit des affaires serait « la cerise sur le gâteau » de cette politique délibérément discriminatoire qui ne retient de la liberté que celle destinée à l’entreprise économique et aux classes dominantes tandis que les populations les plus pauvres ou marginalisées sont livrées à l’extension de la pénalisation d’aspects de plus en plus nombreux de la vie quotidienne.

La délation, encouragée lorsqu’elle concerne la délinquance de la voie publique et les sans papiers, est rejetée lorsqu’elle vise les fraudeurs du fisc et les affairistes.

Toutes ces lois et les orientations politiques quelles révèlent tracent les contours d’un projet de société policière et autoritaire.

Dans une société livrée au libéralisme économique exacerbée, à l’insécurité de l’emploi, au chômage, à la pauvreté et aux inégalités, nous continuerons à nous réclamer des valeurs d’égalité de solidarité et de fraternité.

Venez réfléchir et débattre avec :

- Evelyne Sire Marin Membre de la Ligue des Droits de l’Homme et co-présidente de la Fondation Copernic.

- Nicolas Rouly, membre du Syndicat des Avocats de France

Collectif pour la Défense des Libertés Fondamentales : (CDLF) Alternative Libertaire, ASTI de Petit Quevilly, ATTAC Rouen agglo, Collectif 76 des salariés du secteur social et médico-social, Droit Au Logement, Emancipation, Fédération Anarchiste, FSU, SNPES/PJJ/FSU, LCR, Les Alternatifs, Ligue des Droits de l’Homme, MRAP, Ras l’Front, Union Syndicale Solidaires,