Rencontre entre syndicats et collectifs et madame Sylvie Smaniotto-Gruska, directrice de Cabinet de Madame Vautrin

Vitry le François

vendredi 28 mai 2004, par Emmanuel


A l’initiative du Syndicat SUD Ville de Reims, une rencontre avec madame Sylvie Smaniotto-Gruska, directrice de Cabinet de Madame Vautrin, Secrétaire d’Etat à l’intégration et à l’égalité des chances a eu lieu jeudi 27 mai à Reims, dans les locaux de la Sous-Préfecture.

Cette réunion de 45 minutes a porté sur deux sujets :
- Le pré projet de loi dit « prévention de la délinquance »
- La mise en place d’un système de fichage des habitants de Vitry-le François en grande difficulté sociale, à la demande du Conseil général de la marne

Participaient à cette réunion :
- Pour le mouvement social et syndical :

- Monique Hocreitère, SUD Santé Sociaux - G10 de la Marne.
- Karim Lakjaa, SUD Ville de Reims - G10 de la Marne, Collectif Marnais contre la loi « prévention de la délinquance ».
- Jean-Pierre Langlet, Secrétaire général de l’Union départementale CGT de la Marne.
- Christian Leclerc, Travailleur social, Collectif Marnais contre la loi « prévention de la délinquance ». Kamel Mouhoubi, SUD PTT - G10 de la Marne.
- Pour l’Etat :
- Sylvie Smaniotto-Gruska, directrice de Cabinet de Madame Vautrin, Secrétaire d’Etat à l’intégration et à l’égalité des chances.
- Josiane Chevalier, sous-préfète de larrondissement de Vitry-le-François.

Les représentants du mouvement syndical et social ont présenté à leurs interlocutrices leur analyse :

- Du pré projet de loi sur la prévention de la délinquance :
- La politique du Gouvernement conduit à précariser des pans entiers et supplémentaires de la population (casse de la retraite, casse de la sécu, remise en cause de l’UNEDIC, privatisation - démantèlement des services publics).
- Le Gouvernement entend « criminaliser » la population en difficulté sociale (autour de la vieille antienne « classe sociale dangereuse »).
- Le pré projet porte atteinte à la déontologie des travailleurs sociaux et à leur professionnalisme.
- Ce texte n’a fait l’objet d’aucun dialogue social ni d’aucune concertation.
- Ce pré projet doit être retiré.

De la situation de Vitry-le-Francois et des enjeux de la manifestation nationale organisée le 3 juin dans cette ville :
- Vitry est un laboratoire économique : précarisation - flexibilisation d’une main d’oeuvre peu qualifiée, recours intensif à l’intérim sur fond de désindustrialisation.
- Vitry est un laboratoire sécuritaire : développement de la police municipale, mise en place de caméras de surveillance, interventions du Groupement d’Intervention Régional (Police - Gendarmerie - Douanes), édition d’un guide municipal de la sécurité signé par le Maire, le Préfet et le Procureur dans lequel les travailleurs sociaux sont assimilés à des auxiliaires de la Police, etc. Vitry est un laboratoire social : mise en place par le Conseil général de la Marne d’un fichage des personnes en difficulté sociale, absence de volonté du Conseil général de la Marne de dialoguer avec le mouvement syndical et social sur cette question, pressions hiérarchiques sur les agents du Conseil en poste à Vitry, voire mépris... Le syndicat SUD Ville de Reims a remis aux représentantes de l’Etat divers documents : fiche de Vitry, le communiqué du Collectif marnais, des tracs de SUD, des tracts du Collectif national unitaire contre la loi prévention de la délinquance http://www.abri.org/antidelation

Suites aux interventions de la CGT, du Collectif Marnais, du G10 de la Marne et de SUD, Madame Sylvie Smaniotto-Gruska a précisé ceci :
- Le Gouvernement, sous l’impulsion du premier Ministre, fait preuve d’une volonté de remettre à plat le dossier « prévention de la délinquance ».
- Un travail interministériel est mise en place (la première réunion a eu lieu le 27 mai au matin à paris) en liaison avec ministère en charge de l’éducation nationale, la justice, la santé, la famille, etc.
- L’objectif est de « trouver un système pour endiguer la délinquance ne reposant pas uniquement sur le volet répression ». « Les travailleurs sociaux ne sauraient être des auxiliaires de justice ».
- Ce travail consiste en un « recensement de l’existant » afin d’améliorer celui-ci. Il portera notamment sur les CSPD, le secret professionnel (Madame Vautrin et messieurs Borloo et De Villepin sont très attachés à la notion de confidentialité), le rôle du Maire.
- S’il « n’y a pas eu de débat avant le remaniement », le Gouvernement entend mettre en place, désormais, un travail avec les acteurs du terrain et attends d’eux des propositions.
- Les conclusions de ce travail pourraient prendre diverses formes : une loi, une charte, un plan gouvernemental. Eventuellement, le Gouvernement pourrait considérer que ce dossier ne nécessite pas un texte spécifique Quant à Vitry, madame Josiane Chevalier, sous-préfète de l’arrondissement de Vitry-le-François a apporté les éléments qui suivent :
- Le Maire de Vitry a souhaité obtenir de nouveaux postes d’éducateurs de rue ou d’animateurs spécialisés. En réponse à cette demande, le Conseil général de la Marne a posé comme condition la mise en oeuvre d’une enquête sociale afin de définir les besoins en la matière. Cette enquête a pris notamment pour forme la fiche mise en cause.
- La situation de Vitry nécessite un réel travail sur les causes premières des difficultés sociales rencontrées par un nombre important d’habitants de cette Commune.
- L’ensemble du territoire de Vitry a été placé dans le dispositif des 23 quartiers dits expérimentaux, en raison de sa petite taille.

Pour conclure, madame Sylvie Smaniotto-Gruska a affirmé la volonté du Gouvernement de ne pas stigmatiser les quartiers dits sensibles et les populations en difficulté sociale. Elle nous a invité à lui transmettre nos propositions.