Rencontre avec le maire de Tarbes le 5/11/04

mardi 23 novembre 2004


Dans le cadre de la journée d’action du 5/11/04, une délégation composée de représentants des collectifs du 65, 64, 31 s’est entretenue avec M.Trémège,le Maire de Tarbes, pendant une heure. Après nous avoir précisé qu’il n’était ni un délateur, ni un indicateur, nous avons pu exposer les revendications communes aux différents collectifs anti-délation. Ont été successivement évoquées la situation sur Tarbes et la mise en place des dispositifs territoriaux qui ne réunissent plus à ce jour comme travailleurs sociaux que les agents de la PJJ obligés par leur hiérarchie, en tant que fonctionnaires d’Etat, de siéger comme « observateurs ». Pour sa part le Conseil Général des Hautes- Pyrénées, avec les services habilités notamment au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance, a refusé de participer à ces groupes territoriaux issus du CISPD dont il n’est pas membre. On peut remarquer d’ailleurs, que les travailleurs sociaux du Centre Communal d’Action sociale de la mairie n’ont pas été sollicités pour participer à ce dispositif.

Ensuite nous avons informé M. le Maire, qui semblait l’ignorer, d’autres expérimentations qui ont émergé sur d’autres villes avec notamment la tentative avant l’été 2004 de mettre en fiche les élèves des collèges de Pau, originaires des quartiers populaires. Tentative qui a échoué grâce à la mobilisation du collectif 64. M. le maire s’est dit « effondré » devant ces témoignages, arguant que son intention est motivée par la bonne volonté de soutenir des personnes en difficulté. Apparemment il ne comprend pas la différence entre des travailleurs sociaux, des représentants du commerce, des transporteurs ou autres représentants de structures qui d’après lui pourraient « partager » des informations, sans d’ailleurs semble-t-il, penser à associer les familles à cette démarche !

M. le Maire ne comprend pas non plus qu’au niveau de l’action sociale départementale, les projets sociaux territoriaux travaillent déjà de manière transversale sur le développement d’actions de prévention collective avec le souci d’associer les usagers à ce travail social communautaire. Il ne paraît pas comprend davantage que la mise en place des groupes territoriaux vient se superposer à d’autres dispositifs de prévention, créant ainsi une césure de plus sur le plan local, mettant à mal la nécessaire concertation institutionnelle en respectant la place et les compétences des uns et des autres. Nous avons longuement insisté sur la nécessité de séparer les actions de prévention éducative des actions de répression et du déséquilibre croissant entre les moyens alloués entre ces deux actions. Enfin, les représentants du collectif 65 ont proposé de travailler en concertation sur les dispositifs de prévention primaire (PEL et CEL) que développe la municipalité. Mais en précisant qu’en dehors d’un travail axé sur la prévention éducative pour élaborer des espaces éducatifs respectueux des droits des usagers, les travailleurs sociaux ne participeraient pas à d’autres dispositifs à visé sécuritaire et bafouant les droits des personnes.