Rencontre au ministère de l’Intérieur

7 décembre 2004

vendredi 10 décembre 2004

Le collectif National Unitaire a été reçu au ministère de l’intérieur. Veuillez en trouver ci-dessous un compte-rendu


Après la lecture du texte commun du Collectif National Unitaire, vécu comme une déclaration de guerre, Monsieur MONGIN confirme l’élaboration en cours d’un nouveau projet de loi sur la prévention de la délinquance qui serait en complète rupture avec la méthode Sarkozy. Il affirme que le Ministère de l’Intérieur ne se positionne pas comme le coordonateur du Projet. Son intervention ne concerne que les problèmes de délinquances voire de nouvelles formes de délinquance :
- internet, qui favorise l’accès à des réseaux pédophiles et pornographiques, le racisme et l’antisémitisme,
- alcool chez les jeunes (tout particulièrement la bière)
- urbanisme, tout grand projet de rénovation de l’habitat doit prendre en compte la dimension sécuritaire, c’est à dire un aménagement des lieux qui facilitent l’intervention des forces de police dans leur mission du maintien de l’ordre.
- Lutte contre les trafics de drogues par les réseaux financiers.

Monsieur MONGIN a précisé que pour sa part, il n’avait même pas besoin de citer les travailleurs sociaux et qu’il avait à sa disposition un « arsenal » juridique suffisant tel que l’article 4O du Code de procédures pénales qui fait obligation de dénonciation à l’autorité en cas de détresse et d’urgence et l’obligation de porter secours. Il ne lui paraît pas nécessaire de remettre en question le secret professionnel et ni même d’instaurer le secret partagé, puisqu’il s’agit pour chaque institution de travailler en relation avec les autres. Chaque professionnel prend ses responsabilités par rapport à ses dispositions légales.

Pour Monsieur MONGIN son ministère est essentiellement concerné par la répression de la délinquance et le maintien de l’ordre. Au niveau de l’aspect prévention du projet de loi, il coordonne l’expérimentation sur les vingt quatre quartiers qui doivent servir de laboratoire pour l’élaboration du projet de loi. Les exemples d’expérimentations sont vraiment dérisoires) : ouverture des centres sociaux le soir, le dimanche après-midi, faire sortir les jeunes des quartiers et mettre en « évidence » tout ce qui se fait de positif, favoriser les activités culturelles.

Monsieur MONGIN précise que 7O% des interventions de la police consiste à faire du travail social. Il a cité comme exemple les violences intra-conjugales, les disputes entre voisins’. Pour lui les policiers seraient donc les premiers travailleurs sociaux en France, allégations faites à partir des relevés des mains-courantes.

Ce projet s’appuie sur la demande de sécurité des syndicats de police et des français. Si le Collectif National Unitaire ne partage cette requête légitime il devra argumenter sur ses positions.

La prévention de la délinquance devrait être présente dans toutes les actions du gouvernement et concerner de nombreux ministères. Ce sujet devient un plan d’action du gouvernement mais devrait néanmoins déboucher sur une loi.

Le Premier Ministre donnera l’orientation générale, notamment lors d’une conférence de presse d’ici quelques jours. Chaque Ministère travaille dans son champ spécifique. La présentation se ferait d’ici janvier février 2005 au conseil des ministres pour un débat et vote au parlement au printemps. Les grandes lignes du projet sont établies mais aujourd’hui aucun document n’est disponible. M MONGIN s’est engagé à nous communiquer le projet dès que possible et se dit prêt à nous recevoir de nouveau.

Stratégiquement, mesurant le décalage entre le discours de Monsieur MONGIN, ne se plaçant pas comme coordonnateur de la future loi, il semble indispensable que le collectif entame des démarches auprès de tous les ministères concernés.

Cela pose d’ores et déjà le problème d’une rencontre du collectif avec le Premier Ministre que nous n’obtiendrons que par la mobilisation du 14 Décembre 2004 et la construction d’un rapport de force conséquent.