Quelques points qui interrogent dans le rapport de l’INSERMsur la Santé de l’enfant

lundi 7 septembre 2009, par mélusine

l’Inserm, à la demande du Régime social des indépendants (RSI) a eu pour mission d’élaborer des propositions visant à améliorer le suivi des enfants dans le cadre des examens de santé.


Autant, il est clair que l’on a besoin de diagnostiquer les problèmes des enfants...c’est une évidence...et de les traiter...voilà encore autre truisme... Autant la mise en réseau des informations de toutes sortes me pose question. Le rapport nous dit : "Les professionnels de première ligne, impliqués dans les démarches de dépistages collectifs ou individuels (médecins généralistes, pédiatres libéraux) devraient : • savoir quoi dépister et à quels âges ; • connaître et savoir utiliser les outils de dépistage ; • savoir où et à qui adresser un enfant et ceci dans un délai court et à proximité du lieu de vie de la famille, en fonction des moyens dont ils disposent et du périmètre d’action que les spécialistes se donnent." Là, évidemment, on ne peut qu’applaudir des deux mains...Coordonner les efforts, mettre les gens en lien pour qu’ils travaillent les uns avec les autres et non à côté des autres, ne peut être que bénéfique. Cela tombe sous le sens... Pourtant...lorsque le rapport en vient ici : "Il est indispensable d’effectuer un état des lieux sur le devenir des enfants dépistés, de s’assurer du suivi des enfants dépistés (suivi du nombre de perdus de vue, rappel des perdus de vue) et de rechercher les obstacles à une prise en charge post-dépistage (sociologiques, économiques, psychologiques, organisationnels…)." Là on marque une pause, et on se demande... Qu’est-ce que cette démarche qui nous parle des obstacles sociologiques (sic) à la prise en charge du problème de l’enfant...??? Est-ce à dire que si un enfant a par exemple un déficit de langage ou des problèmes d’élocution liés à son contexte familial, il faudra songer à mettre en place « quelque chose » pour pallier le problème ? Qu’entend-t-on par cette « recherche des obstacles à la prise en charge post-dépistage » ? Quels moyens se donnera-t-on pour traiter les dits problèmes ? Il me semble que cette phrase est pour le moins absconse, pour le pire lourde de menaces...

Plus loin..."L’objectif est de permettre que chaque enfant dépisté puisse bénéficier des examens nécessaires à un diagnostic rapide et à une prise en charge thérapeutique adaptée. Il ne faut pas perdre de vue en santé mentale tout particulièrement la nécessité d’améliorer l’accès aux soins pour les enfants et les adolescents souffrant de troubles cliniquement significatifs. En effet, des progrès conduisant à un meilleur dépistage des troubles affectifs ou comportementaux patents ou débutants restent un objectif vain si des soins adaptés et diversifiés ne peuvent être proposés dans des délais corrects. Pourtant, il en va de l’insertion sociale ultérieure de ces enfants. Le nombre insuffisant de professionnels en santé mentale est un obstacle à la réalisation de cette prise en charge. Par ailleurs, pour atteindre cet objectif, un travail coordonné est indispensable avec les professionnels paramédicaux, les acteurs de l’Éducation nationale, les travailleurs sociaux et les membres des associations de parents et de patients." Oui, oui... Mais sous couvert d’une intention noble et louable de prendre l’ensemble des problèmes d’un enfant en compte, on en vient à vouloir lister tous les paramètres de son environnement, de ses problèmes scolaires et médicaux...et au final, de sa vie... Mettre une vie en équation...recenser toutes les données, tous les paramètres d’une existance pour décortiquer ce qui est trop ou pas assez, normal ou a normal.... Autant dans les cas lourds ce peut être nécessaire, autant la volonté de l’appliquer à toute une classe d’âge de façon systématique et généralisée en étant à la recherche de la moindre déviance me semble....dérangeant... On voudrait normaliser, recalibrer les enfants comme s’ils étaient des oeufs standardisés à ranger dans des barquettes. Mais non ! La normalité n’est pas aussi simple.. les déviances non plus... Qu’est-ce qui sera considéré comme problématique dans cette société orwellienne ? Où commencera le diagnostique nécessaire et où s’arrêtera celui intrusif ? D’autre part, ces mises en lien ne seraient-elles pas une mise en réseau...à savoir une intégration des données médicales dans un certain base élèves qui n’oserait dire son nom ?.... Il me semble que la chose est à surveiller de près. Bien sûr, de belles formules lénifiantes sont là pour nous rassurer....vous pouvez dormir tranquilles... "À cet objectif doit être associé celui de réaliser ce suivi sans stigmatisation des enfants et dans le respect de règles strictes de confidentialité." Oui...tout comme on nous chante à tout va la confidentialité de base élèves...et on a pu constater de quoi il en retournait... Soit il faut revoir l’acception du terme..., soit de confidentialité vraie il n’y a point...Il faut choisir... Pour terminer... Le rapport dit "Dans le domaine des dépistages sensoriels, il existe, en France, des techniques et outils validés et largement répandus. De même, dans celui du dépistage des troubles des apprentissages, l’Éducation nationale a fait, en direction de ses personnels, un effort très important d’information, de formation et de mise à la disposition d’outils appropriés. En ce qui concerne les problèmes de santé mentale, la situation est plus problématique et des outils doivent être testés et validés afin d’être utilisés de façon consensuelle." Gné ? Où ça ? Moi j’ai pas vu...mais je dois être miro...Y aurait-il des gens à l’acuité visuelle fine qui auraient vu chose semblable ? A moins qu’il n’y ait rien à voir.... Mais surtout...ne sont-ce pas ici les prémices à une extension (une de plus) de nos champs de compétences, déjà bien trop vastes pour que nous puissions les assumer tous correctement...? D’autant que pour beaucoup nous ne sommes pas formés et ne le seront sans doute pas plus sur ce coup là...

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