Quand la « prévention de la délinquance » devient la privation des libertés...

Tract d’appel à la journée du 22 mars 2006

lundi 6 mars 2006, par Collectif toulousain

Depuis décembre 2003, sous la direction de Nicolas SARKOZY, le gouvernement prépare une loi sur la prévention de la délinquance. Ils viennent d’en présenter le dernier texte avant une présentation au parlement annoncée pour le printemps 2006. Les dangers sont toujours là :



- Aide aux dépenses de sécurité dans les copropriétés
- Rrenforcement de l’efficacité de la vidéo surveillance dans les lieux privés par un cadre juridique étendu.
- Le procureur pourra déléguer à des personnes assermentées la constatation de troubles et d’incivilités qui en informeront le maire
- Dans les formations en travail social, mise en place de modules sur la sécurité.
- Hospitalisation psychiatrique : le maire doit être informé des sorties d’essais et instauration d’un «  fichage national des personnes hospitalisées sous contraintes  ».
- Le maire est conforté dans son rôle de «  pilote  » de tous les dispositifs liés à la prévention de la délinquance et est «  responsable du partage de l’information  », rappel à l’ordre.
- L’intervention des éducateurs et animateurs serait remplacée par des centres de loisirs de la police nationale sur les territoires les « plus difficiles ».
- De 2 mois à 15 ans, repérage des enfants ayant « des troubles du comportement ». La PMI aura compétence d’en assurer un « contrôle rigoureux ».
- Toxicomanie : l’infraction du consommateur est ciblée, mais celle du dealer n’apparaît pas clairement.
- Mise en place de travailleurs sociaux dans les commissariats

A travers ce projet, nous voyons apparaître une société de contrôle où le recours à la délation est un moyen de repérer toute personne en difficulté. L’aide à la personne apparaît comme un alibi.

Des expérimentations, prémisses de ce texte, sont en place et le démontre (EDF : tout retard de paiement entraîne une dénonciation au Conseil Général et à la mairie, convention de collaboration entre l’Education Nationale et la police, transports : vidéo surveillance,...).

Nous refusons de telles dérives qui viendraient s’opposer aux fondements actuels de notre société et porter atteintes aux libertés et droits individuels. Cela vient mettre en cause le travail social, les aides éducatives apportées aux personnes en difficulté, la protection de l’enfance actuels.

Ces dispositifs et moyens d’action jusqu’à aujourd’hui ont fait leurs preuves, mais l’absence de moyens, de personnels ne permet plus de répondre à l’ensemble des besoins, et cela n’est évoqué par personne (à peine 50 salariés en Haute Garonne pour la prévention spécialisée par exemple...).

A l’évidence, il faut moins de monde pour contrôler que pour éduquer.

Nous ne pouvons pas laisser plus avant un tel projet.

Pour s’y opposer et défendre nos valeurs, nous vous appelons à venir nous rejoindre lors de la journée d’action nationale impulsée par le Collectif National Unitaire contre le projet de loi de « prévention de la délinquance », soutenu par plusieurs organisations syndicales et associations.

Tract téléchargeable : ici


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