Prévention de la délinquance : les travailleurs sociaux attendent des garanties

ASH, 21 avril 2004

jeudi 22 avril 2004

L’avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance reste aux cœur des critiques. Travailleurs sociaux, syndicats et associations appelaient ainsi à une journée de mobilisation nationale le mercredi 21 avril.


Voir en ligne : http://www.ash.tm.fr/front/flash.ph...

Le collectif national unitaire continue de dénoncer des « expériences plus nombreuses de contrôle social » et de réclamer le maintien de la distinction entre prévention et répression. En conséquence, il « oppose deux conditions pour engager toute concertation : l’abandon de l’avant-projet et un moratoire sur les tous les textes et mesures mises en place en vue du contrôle social de la population. » Mobilisé depuis plusieurs mois, le collectif a récemment rappelé ses positions lors des rencontres sur la prévention de la délinquance, organisées le 15 avril à l’initiative du Conseil national des villes (CNV) avec des associations de maires. « L’actuel ministre de l’Intérieur reprend intégralement la philosophie de l’avant-projet de loi en voulant, lui, »s’attaquer aux racines du mal« , a-t-il déclaré. »Ne pouvant laisser un projet de loi aussi antidémocratique, nous acteurs du social affirmons que nous ne pouvons « camoufler » la misère sociale par la délation et la répression et appelons à la désobéissance et au devoir de résistance quand l’État bafoue les droits fondamentaux« . Une déclaration qui va dans le sens de la »charte de résistance à la délation", qu’il diffuse depuis le début du mois.

Quelles intentions gouvernementales ?

Pour l’heure, le nouveau gouvernement ne s’est guère exprimé sur l’avancée du projet de loi. Et les travailleurs sociaux attendent toujours des réponses. Reçu le 20 avril par Catherine Vautrin, la secrétaire d’État à la Ville, la Rénovation urbaine et l’Égalité des chances, le collectif déplore dans un communiqué l’absence de garantie. La secrétaire d’État a affirmé « vouloir travailler en concertation avec les acteurs de terrain », rapporte le collectif. « Pour autant, elle ne donne aucune philosophie du prochain texte ». Ce qui conforte les inquiétudes suscitées par les déclarations de Catherine Vautrin devant le CNV. Aux yeux du collectif, la secrétaire d’Etat, qui s’exprimait là pour la première fois depuis sa prise de fonction, était venue « vendre’ » l’avant-projet de loi interministériel. Dans son allocution, Catherine Vautrin a estimé qu’en matière de délinquance, il fallait agir « à la source, très en amont ». Elle a surtout insisté sur le rôle des maires, « pivots et animateurs du partenariat local », dans la prévention de la délinquance. Et a assuré que le plan national de cohésion sociale annoncé par Jean-Louis Borloo prendrait en compte le projet de plate-forme nationale élaboré par le CNV. De son côté, dans une lettre ouverte, l’UNSA-Éducation demande à Dominique de Villepin « d’organiser une concertation avec les organisations représentatives pour débattre de ces projets de loi, de son élaboration, de ses conséquences ». Le syndicat souligne par ailleurs que « la méthode qui a consisté à distiller, au gré des services, des versions de ce projet de loi est inacceptable. Elle révèle un mépris du nécessaire dialogue social. »