Prévention de la délinquance : Chirac rebat les cartes, mais la partie continue

vendredi 16 avril 2004

Malgré la mobilisation du 17 mars des professionnels des secteurs sociaux, sanitaires et éducatifs, malgré le vote sanction aux élections régionales, le gouvernement poursuit sa politique. La résistance contre des projets liberticides comme celui de la « prévention de la délinquance » doit s’amplifier.


Les manifestations du 17 mars ont eu un impact indéniable. Le ministère de l’Intérieur s’est vu obligé de déminer le terrain en particulier pour ce qui concerne l’article 11 de l’ancien avant- projet que les professionnels mobilisés ont mis en exergue, dans la mesure où il remettait en cause le secret professionnel et organisait clairement le contrôle social.

Il n’y a pas de quoi crier victoire.

L’article 22 de l’avant projet redonne la possibilité pour les pouvoirs publics d’obtenir tous les renseignements sur les personnes qu’ils désirent, afin soit-disant « d’assurer la continuité et la cohérence de l’action sociale et éducative ». C’est une façon très habile de faire croire que le secret professionnel est maintenu et une tentative de division du mouvement, mais personne n’est dupe ! Le fond du texte reste le même. L’organisation du contrôle social proposé ne change pas. C’est toujours une réponse sécuritaire à la montée de la précarité et de la pauvreté.

Changement dans la continuité

Le Président de la République donne soi-disant un coup de barre à gauche avec un équipage libéral. Les ministres changent, les projets restent d’actualité. Villepin, ministre de l’Intérieur a le dossier « prévention de la délinquance » sur son bureau.

L’expérimentation du projet sur les 23 quartiers se continue ; la note de service de l’Education Nationale n’est pas retirée et les diverses conventions (déjà délatoires) existaient déjà sous le ministère de la ville. Il n’y a pas de raison qu’elles ne perdurent pas dans le cadre du super ministère Borloo.

Ils ont simplement changé l’ordre de bataille. Pour la Fédération Sud Santé Sociaux la vigilance est de mise par rapport aux nouvelles moutures de ce projet et aux mesures qui passent en douce. Pour exemple, la création du corps des cadets de la police.

Des moyens d’action

- Information de l’ensemble de la population. C’est l’objet de la journée nationale d’action et de grève du 21 avril qui doit servir à la distribution d’une lettre ouverte à la population, action décentralisée en région ou département.
- Mise en place et le développement de collectifs locaux unitaires.
- Interpellation des élus sur le texte mais aussi sur leur attitude à venir si cette loi est votée et face à une désobéissance des salariés.
- Diffusion et explication de la charte élaborée par le collectif national unitaire ; organisation de débats avec les professionnels sur l’explication, la préparation du refus d’application de la loi conformément aux dispositions de l’article 21 de la constitution de 1958 « lorsque le gouvernement viole les libertés et les droits garantis par la constitution, la résistance sous toutes ses formes est le plus sacré de tous les droits et le plus impérieux des devoirs »

La lutte continue

Pour la Fédération Sud Santé Sociaux la lutte doit continuer et s’amplifier pour obtenir la non présentation de cet avant projet ainsi que le retrait des textes existants au niveau local, par exemple les conventions de prévention.