Prévention ? chronique d’une mort annoncée

Appel à la lutte et à la rebellion

mercredi 6 décembre 2006, par Sophie.L


Dans une lettre adressée à l’assemblée nationale, à la commission des lois, et aux présidents des groupes politiques l’UNIOPS, une des principales fédérations des organismes privés sanitaires et sociaux manifeste ses vives inquiétudes concernant les crédits alloués au Secteur Habilité.
Déja en 2005, les fédérations ont été informées du gel des crédits dans plusieurs régions des mesures financées par la PJJ.
Puis une rencontre avec la DRPJJ permettait à l’UNIOPS de prendre connaisance de la loi de finance 2006, et d’alerter les parlementaires. Ces remarques n’avaient pas été prises en compte.
Le garde des sceaux, Pascal Clément a reçu 12 fédérations en juin 2006, et reconnu une dette de 90 millions d’Euros à l’égard des associations !
Après planification des remboursements, l’Etat reste débiteur aujourdh’ui de 55 millions d’Euros, à l’égard des associations qui mettent en oeuvre des mesures ordonnées par le juge des enfants. Cette somme correspond précisément à l’augmentation de la ligne CEF !

Quelques chiffres : sources projet de loi de finances pour 2006-2007 :

En ce qui concerne les mineurs délinquants/action no1 : Evolution entre l’exécution d’activité 2005 et les prévisions 2007Centres éducatifs fermés : +207,45 %d’augmentation Centres éducatifs renforcés+12,59% Autres hébergements :+11,27% Investigations et Orientations Educatives (I.O.E.) -4,54% Enquêtes Sociales +7, 58% Réparations pénales+5,99%

Crédits alloués au Secteur Associatif pour l’action no 2

pour les mineurs en danger et jeunes majeurs sur la même période

Hébergement des jeunes majeurs -16,81% AEMO jeunes majeurs -15, 87% IOE -4,49% Enquêtes sociales-7,56% On constate une augmentation des crédits alloués aux mineurs délinquants (pour les réprimer pas pour les éduquer !) au détriment de la protection des mineurs et des jeunes majeurs sur cette période.

Protection enfance en danger -10,88 Actions mineurs délinquants+ 42, 99% dont Centres Educatifs fermés +207,45% Le directeur de l’Uniops demande donc le rétablissement des crédits. Plusieurs régions n’ont pas reçu le financement des mesures exercées en 2005 et 2006.

Qu’attendent nos associations et leurs conseils d’administration pour réagir à cette politique sécuritaire desespérante, et à la mort annoncée de la prévention ?

Je pense que c’est « notre » affaire, c’est à nous d’organiser la résistance, avec nos syndicats, collectifs et organisations. Défendre la prévention, c’est défendre notre outil de travail, car il ne faut pas se leurrer, des licenciements dans le Secteur associatif vont necessairement suivre !

Donc organisons nous le plus largement possible pour lutter contre le « TOUT » Sécuritaire.

Sophie.L