Prévention OUI - Délation/répression NON !

Tract toulousain - décembre 2004

vendredi 3 décembre 2004, par Collectif toulousain


Depuis décembre 2003, l’avant-projet de loi sur la “prévention de la délinquance”, proposé par M. Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur) se situe dans la lignée des lois Perben 1 et 2 qui ont accru l’arsenal répressif. Ce projet de loi inter-ministériel (Intérieur, Affaires sociales, Education Nationale, Santé et Transports) devrait donc être présenté en décembre en Conseil des Ministres...

Le 14/10/04 à Bordeaux, le ministre de l’Intérieur, M. de Villepin, affirme aux Présidents des Conseils Généraux que : « La lutte contre l’insécurité nécessite une véritable politique de prévention de la délinquance ». Et annonce clairement : « Chaque acte de délinquance doit être sanctionné. [...] Les budgets du ministère de l’Intérieur progresseront de 4,1% en 2005. » (création de 1700 emplois dans la police et la gendarmerie). PREVENTION = REPRESSION ?

M. Chirac, Président de la République, dans son discours à Nîmes le 08/11/04, affirme vouloir « mettre en place une politique de prévention forte et nouvelle » en passant par « la tolérance zéro face à la délinquance et notamment la petite délinquance ». PREVENTION = TOLERANCE ZERO ?

Il précise : « Agir pour la prévention, c’est amener les forces de sécurité et les travailleurs sociaux à collaborer plus étroitement. » PREVENTION = DELATION ?

Le discours ultra-sécuritaire actuel prépare les esprits sur la nécessité de ce contrôle. Ce projet de loi constitue une atteinte grave au travail éducatif, social, préventif et à la liberté de l’individu.

Selon le ministre de l’intérieur, M. de Villepin, « plus de 50 % des interventions de police renvoie à un problème social et non pénal ». Cependant le ministre dénie le travail social effectué jusqu’ici et le système judiciaire : il amalgame volontairement le répressif et le préventif et élimine les droits des personnes. Si la seule réponse est une extension des droits de la Police, où passe l’impartialité de la Justice ? Que vont devenir nos droits constitutionnels, droits de l’Homme ?

Que devient le secret professionnel du social, du soin et de l’éducatif ? Acceptons-nous la divulgation de toute intimité sans accord de la personne comme le stipule l’avant-projet de loi ? « Tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne (...) est tenu d’en informer le maire. » (art. 23) « Les maires informent régulièrement les représentants de l’Etat des actions menées et des résultats obtenus. » (art. 3)

La vision alarmiste de la société que propose le gouvernement, avec la complicité de nombreux médias, appuie la volonté actuelle de pratiquer une criminalisation de la misère et une généralisation de l’insécurité. Le contrôle est-il l’unique réponse aux difficultés sociales de nos sociétés ?

Documents joints