Préavis de grève pour le 14 décembre 04

Fédération SUD Collectivités Territoriales

dimanche 5 décembre 2004


Monsieur Renaud DUTREIL Ministre de la Fonction Publique

Monsieur Dominique de VILLEPIN Ministre de l’Intérieur

Messieurs les Ministres,

Dans le cadre de la journée nationale de mobilisation contre le projet de loi de prévention de la délinquance et ces expérimentations la Fédération Sud collectivités Territoriales dépose un préavis de grève de 0H à 24H pour le mardi 14 décembre 2004 pour tous les personnels des collectivités territoriales notamment des secteurs sociaux, médico-sociaux, de la santé, de l’éducation, de l’animation.

Par ce mouvement de grève, les personnels concernés vous demandent :
-  de renoncer au dépôt au Parlement du projet de loi sur la prévention de la délinquance.
-  de retirer tous les textes conventions ou circulaires qui reprennent les orientations et les dispositions de ce projet.

Avec eux, nous contestons les fondements mêmes de ce projet loi. Nous ne pouvons accepter que ces professions dont le rôle central est la prévention, soient utilisées comme outils de répression de la misère, de fichage des populations et de délation.

Nous récusons le fait que les problèmes sociaux révélés en toute confiance par les usagers soient communiqués par les salariés au Maire que le gouvernement veut instituer comme le coordonnateur sur le terrain des actions de prévention en lien avec les conseils généraux.

Nous croyons que la place des travailleurs sociaux n’est pas « au sein des commissariats et des brigades de gendarmerie », mais auprès des populations les plus précarisées, victimes de handicap sociaux, mentaux ou de santé.

Nous estimons que les réponses appropriées aux maux de notre société se trouvent dans la mise en œuvre de politiques renforcées en matière de prévention, d’accès au logement et à un revenu décent, de droit au travail.

Ces professions de l’aide à la personne dans le domaine du soin, de l’éducation, de l’animation, de la formation, de la réinsertion, de la prévention souvent seules à intervenir dans nombre de quartiers très défavorisés, ne peuvent accepter de voir aussi profondément mise en cause une étique professionnelle basée sur la relation de confiance, le secret des faits révélés par les familles et les personnes qui font appel à eux.

Veuillez agréer, Messieurs les Ministres, l’expression de nos salutations distinguées.

Toulouse, le 3 décembre 2004

Pour la Fédération SUD Collectivités Territoriales La Secrétaire Fédérale Marie-Françoise VABRE

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