Pourquoi nous sommes en grève aujourd’hui.

mardi 16 mars 2004, par Emmanuel

Nous sommes éducateurs de prévention ( ou de rue). Nos principes éthiques sont ceux de l’arrêté de 1972 qui précise que nous intervenons dans le milieu naturel des jeunes SANS MANDAT SUR LES INDIVIDUS (ni judiciaire, ni policier) avec la LIBRE ADHESION des jeunes et de leurs familles et dans l’ANONYMAT de ceux-ci.


En tant qu’éducateurs nous devons être les garants, dans la rue, d’un espace de dialogue où le jeune, quelle que soit sa situation, peut parler à un adulte en qui il a confiance et qui n’est là ni pour le juger ni pour légitimer ses comportements, mais pour entendre l’annonce d’une demande d’aide et de changement.

Depuis plusieurs années, comme de nombreux autres professionnels, nous nous confrontons dans l’accompagnement des jeunes et de leurs familles aux insuffisances en matière de logement, de culture et de loisirs, de formation professionnelle, d’enseignement de qualité, d’accès aux soins et à l’emploi. Nous sommes sans réponse face à ces insuffisances. La réponse apportée par le gouvernement est un projet de loi « Prévention de la délinquance » présenté par le Ministre de l’intérieur M. Sarkozy. Ce projet représente une atteinte aux libertés fondamentales et au respect de la vie privée. Il propose un traitement de la délinquance fondé sur la stigmatisation des populations considérées comme potentiellement dangereuses. Il remet en cause les fondements juridiques, institutionnels, et éducatifs de l’action sociale sous prétexte de lutte contre l’insécurité dans certains quartiers urbains et péri-urbains.

Ce projet de loi prévoit :
- Un fichage systématique des familles demandeuses d’une aide éducative, sociale et/ou financière.
- La pénalisation de l’absentéisme scolaire par des amendes, la gestion des allocations familiales par le Maire, des stages de « parentalité » obligatoires.
- La vidéo surveillance des quartiers.
- Des centres de vacances et de loisirs encadrés par des Policiers ; création des cadets de la Police.
- Des expulsions locatives sans procédures, décidées par le bailleur.

Aujourd’hui nous sommes mobilisés contre cet ordre social qui instaure la suspicion en lieu et en place de la solidarité. Nous demandons le retrait du projet de loi.

Contact :

collectifeducderue93 hotmail.com

www.prevention-specialisée.st.fr