Place Beauvau, M. de Villepin tentera de prolonger l’élan suscité par M. Sarkozy au sein des forces de police

Le Monde, Piotr Smolar, 1avril 2004

vendredi 2 avril 2004

L’ancien ministre des affaires étrangères devra prochainement relancer le projet de loi sur la prévention de la délinquance et s’atteler à la restructuration des services de renseignement. Ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales


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L’ancien ministre des affaires étrangères devra prochainement relancer le projet de loi sur la prévention de la délinquance et s’atteler à la restructuration des services de renseignement. Ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales Dominique de Villepin se retire du monde pour investir la France. Les mots feutrés, les citations lettrées, les parties d’échecs diplomatiques ne lui seront guère utiles dans sa nouvelle résidence, place Beauvau. L’ex-ministre des affaires étrangères aura la lourde tâche de prolonger l’élan qu’a suscité Nicolas Sarkozy au sein des forces de police et de gendarmerie dans la lutte contre la délinquance. Son action s’est traduite par une baisse de 3,38 % des délits constatés en 2003 par rapport à 2002.

Secondé par Jean-François Copé, nommé ministre délégué, le nouveau ministre de l’intérieur pourra s’appuyer sur le directeur général de la police nationale (DGPN), Michel Gaudin, qui a formé, avec Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, le directeur de cabinet du ministre, un trio soudé à la tête de l’institution policière.

M. de Villepin devrait choisir Pierre Mongin, préfet d’Auvergne, pour prendre la tête de son cabinet. Agé de 50 ans, il fut notamment chef de cabinet d’Edouard Balladur, alors premier ministre, entre 1993 et 1995. Il fut déjà directeur de cabinet d’Yves Galland, ministre délégué chargé des collectivités locales, entre 1986 et 1988. Il aura à ses côtés Michel Camux, chef de cabinet de M. Sarkozy, maintenu dans ses fonctions.

COOPÉRATION

Le projet de loi sur la prévention de la délinquance - aujourd’hui bloqué à Matignon -, l’action ciblée dans 23 quartiers pilotes et l’éventuel rattachement complet de la gendarmerie au ministère de l’intérieur figurent sur l’agenda de M. de Villepin. Autre chantier : la restructuration des services de renseignement, avec notamment le rapprochement entre la direction de la surveillance du territoire (DST) et les renseignements généraux (RG), ainsi que le développement de la coopération policière entre les partenaires européens. Une des priorités du nouveau ministre sera en outre de répondre aux interrogations des syndicats de policiers sur la réforme des corps et carrières, initiée en août, gelée du fait des élections professionnelles à l’automne.

Invités une dernière fois par Nicolas Sarkozy, mercredi 31 mars, au ministère de l’intérieur, les représentants syndicaux disent avoir reçu des assurances à cet égard. « Il nous a dit qu’il tiendrait ses promesses au niveau budgétaire », explique Dominique Achispon, secrétaire général adjoint du Syndicat national des officiers de police (SNOP).

La quasi-totalité des syndicats ont rendu hommage au ministre partant. « Depuis Pierre Joxe, c’est celui qui a le plus fait bougé les choses, assure Jean-Luc Garnier, secrétaire général d’Alliance (gardiens de la paix et gradés). Dommage qu’il n’ait pas pu finir le travail comme il le souhaitait. »

Piotr Smolar

• ARTICLE PARU DANS L’EDITION DU 02.04.04