Pétition : les services sociaux ne sont pas des services marchands

mardi 12 janvier 2010, par Etienne

Nous relayons ici la pétition initiée par le MP4, mouvement de professionnels du social.


Voir en ligne : Lire (voire signer) la pétition sur le site de MP4

Souvenez vous 2005 !

Le peuple s’était prononcé contre un traité constitutionnel européen libéral qui avait pour objet la mise au pas définitive de tout et de tous dans une logique marchande de profit.

Les élites bien pensantes de droite comme de droite, appuyées par le Parti de la Presse et de l’Argent, se sont comme on s’en doutait assises sur le référendum pour nous imposer un traité copie conforme du premier qui désormais nous impose sa loi des riches.

D’aucun, se croyant de gauche, me diront que là n’est pas le sujet et que Lisbonne n’est pas Bolkestein. Ouh le vilain amalgame que je fais là ! Allez, je le fais quand même : la directive Bolkestein ou le traité de Lisbonne, c’est la même logique et c’est la même lutte des classes dominantes contre toutes les autres classes pour les soumettre à leur (dure) loi du marché.

Bref, il s’agit dans le cas qui nous occupe d’ouvrir à la concurrence, comme ils néologisent, l’ensemble des services. Santé, éducation et, bien sûr, les services sociaux. C’est à dire ? Appels d’offres, entreprises, aller au moins cher, écraser le voisin, compétitivité, rentabilité, etc etc ...

C’est possible, ça, dans le secteur social ? Stupide non sens ! diront les plus conservateurs attardés d’entre nous. Inéluctable ! répondront les plus modernistes éclairés. Et ce sont ceux là qui maitrisent le jeux pour le moment.

Mise en concurrence, ça veut dire logique de rentabilité et donc précarisation et déqualification des personnels. C’est par exemple dans cette perspective que les patrons de la Convention Collective de 1966 ont entamé une démarche de destruction de tous les acquis qu’elle contient encore (la lutte est en cours).

Mise en concurrence, ça veut aussi bien sûr dire contrôle accru des pouvoirs publics sur le travail des professionnels, qui devront toujours plus se plier aux exigences politiques du moment. On se souviendra que dès 2005 (je crois), une association de prévention spécialisée pourtant bien établie de la région orléanaise avait été déconventionnée au profit d’une association clairement acquise à la collaboration avec la police. De plus en plus il faudra se soumettre et collaborer ... ou perdre le marché.

Voici donc une pétition qui demande que les services sociaux d’intérêt général (SSIG) soient reclassés dans la catégorie des services non économiques d’intérêt général (SNEIG), alors qu’ils sont actuellement considéré comme services d’intérêt économique général (SIEG). Reclassement censé les mettre à l’abri de la directive « services » et de la (toujours dure) loi du marché.

Je vous invite à lire cette pétition et à vous en faire votre propre idée. L’intention est bonne. On regrettera une certaine naïveté et l’absence d’une critique plus globale de la politique européenne. La solution au capitalisme ne réside certainement pas dans l’obtention d’aménagements sectorisés et dissociés les uns des autres. Nous ne sauverons le secteur social qu’en sauvant en même temps la santé, l’éducation, l’énergie, l’eau, la poste etc... la convergence doit être le maître mot de tous ces combats.

Reste que cette pétition existe. A vous de voir (tiens ben j’ai signé, pour finir !)