PREVENTION DE LA DELINQUANCE : LE PROJET AVANCE MOBILISONS NOUS

lundi 17 janvier 2005


L’année dernière des travailleurs sociaux d’horizons très divers se sont mobilisés contre l’avant projet de loi sur la prévention de la délinquance élaboré par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy. Ils se sont battus contre un projet qui avait pour but de criminaliser la misère, de considérer toutes personnes en difficultés sociales, matérielles ou éducatives comme délinquantes potentielles. Ce projet organisait la délation, le fichage auprès du maire personnage central du projet. Il imposait le partage de l’information avec la police au mépris des principes fondateurs du travail social, et surtout du respect des personnes concernées. Sarkozy a été remplacé par de Villepin et certains pensent que le danger est écarté. Certes il n’a pas repris le texte précédent in-extenso mais il a toujours affirmé qu’il préparait un projet de loi. Il a continué les expérimentations sur les 24 quartiers. Le projet été annoncé pour l’automne puis en janvier . Le gouvernement recule encore une fois la présentation de ce projet de loi mais il avance sur le terrain à travers divers textes, circulaires, décrets . Dans ce document à télécharger ci-dessous, le collectif national unitaire a voulu montrer que le projet actuel est quasiment identique mais surtout son état d’avancement en faisant le parallèle entre les propositions de Sarkozy dernière version et les textes parus ou les idées contenus dans le rapport de M Bénisti ( rapport sur la prévention de la délinquance remis au ministère de l’intérieur). Il balaie plusieurs secteurs mais il pourrait encore être complété notamment par les différentes expérimentations locales et les expériences des collectifs locaux.

A Travers sa lecture, on voit bien la nécessité de se mobiliser contre le projet de société qu’il soutend.

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    23 janvier 2005 10:30, par Jacky Dumoulin

    Par rapport à ce qui est dit dans ce texte, au sujet de la prévention spécialisée, je voudrais, en tant qu’acteur de le prévention spécialisée militant à SUD santé sociaux, préciser et rectifier quelques éléments qui peuvent sembler des points de détail, mais qui sont tout à fait FONDAMENTAUX :

    1) Il est dit dans le texte que : « Elle s’adresse en priorité aux jeunes de 14 à 21 ans »
    Comment comprendre cette expression « en priorité » ? Le lecteur pourrait croire que l’on précise simplement une tranche d’âge qui serait LA cible privilégiée de l’action (Exemple, ici, les 14/21 plutôt que les 13/18, etc…).
    Or, la prévention spécialisée, par ses textes fondateurs, n’a pas UNE cible privilégiée, mais DEUX : l’action en direction des jeunes ET l’action en direction de leur milieu (Cf. texte de l’arrêté de 72)… Cette précision est tout à fait essentielle. C’est ELLE qui fait la complexité du travail de prévention spécialisée. C’est ELLE qui en précise l’ambition.

    Travailler avec le milieu, cela signifie « armer » le milieu, pour faire en sorte qu’il se prenne en mains, que notre intervention de prévention spécialisée ne soit plus nécessaire et que l’action puisse se déplacer ailleurs.

    2) C’est à partir de ce regard sur les textes fondateurs, qu’il faut également préciser des éléments figurant plus bas dans le texte :
    « En Juillet 1972, un arrêté interministériel crée officiellement la Prévention Spécialisée et pose 3 principes fondateurs qui sont :
    - la libre adhésion
    - l’absence de mandat nominatif
    - le principe du respect de l’anonymat. » écrivez-vous.
    Ceci est historiquement exact, mais il est, à mon sens, idéologiquement dangereux de ne présenter la prévention spécialisée en ne formulant que ces principes. Le texte fondateur que constitue l’arrêté de 72 a été accompagné de toute une série d’autres qui ont notamment mis l’accent sur le caractère non institutionnel des actions de prévention spécialisée.

    Personnellement, je choisis d’entendre « action de prévention spécialisée » au sens global de l’intervention sur un quartier. Si celle-ci doit être « non-institutionnalisée », alors cela signifie que l’intervention ne doit pas être pérenne, qu’elle a à travailler à sa propre disparition, qu’elle a à faire en sorte que le milieu s’organise pour faire face par lui-même aux problèmes qu’il rencontre.

    Il ne s’agit pas d’un détail. C’est de la posture même des acteurs qu’il est question. De cette posture, de ce positionnement particulier, découlent des conséquences très pratiques sur les objectifs de l’intervention, sur les méthodes utilisées, sur le regard porté sur les habitants d’un quartier, etc…..

    3) Une lecture des textes fondateurs qui laisse de côté cette dimension, essentielle à mes yeux, de non-institutionnalisation de l’intervention de prévention spécialisée, s’expose gravement, je crois, à un risque de pérennisation de sa présence sur les mêmes lieux, à une tentation de spécialiser son personnel, à une tentation de réduire l’action de prévention spécialisée à sa seule dimension dite éducative, à ses seuls professionnels (au détriment de la vie associative et de l’implication des habitants du quartier dans l’action elle-même).

    Les salariés se « spécialisant » (ayant à se « spécialiser »), l’accent unique est alors porté sur la « qualité de l’acte éducatif ». les professionnels eux mêmes et leurs associations sont tentées de chercher leur légitimité dans la visibilité de leurs actions… Ils et elles tendent, alors, largement le dos pour se faire battre… C’est-à-dire que se définissant de plus en plus eux-mêmes, au moins publiquement, comme des « spécialistes des jeunes en difficulté », il n’est pas autrement surprenant que certains cherchent à les prendre au piège de leur discours : « Ah, bon !?, disent les maires, Sarkosy, Benisti, Devillepin et cie, vous nous dites que vous êtes des spécialistes de la prise en charge des jeunes en difficulté ? Prouvez-le nous donc en nous transmettant les informations que vous possédez ! ».