PRECARITE : LES TRAVAILLEURS SOCIAUX DOUBLEMENT CONCERNES !

COMMUNIQUE DU COLLECTIF DES ACTEURS SOCIAUX DE MOSELLE

samedi 18 mars 2006


En grêve contre le CPE, les étudiants de l’IRTS Lorraine se mobilisent sur deux fronts à la fois. Mais les deux combats sont intimement liés. Au même moment où le gouvernement sort toute une batterie pour aggraver la précarité (CPE CNE CESEDA ...), il nous présente parallèlement deux projets de loi extrèmement dangereux pour les libertés publiques destinés à instrumentaliser les travailleurs sociaux pour qu’ils participent à l’organisation de cette précarité : la réforme de la Protection de l’Enfance et le Projet de loi sur la Prévention de la delinquance. Sarkosy explique lui-même dans l’introduction à son projet de loi sur la prévention de la delinquance que « l’échec d’intégration dans la société peut-être source d’une frustration morale qui elle-même peut engendrer un basculement dans des comportements de ...rupture (délinquance, mais aussi intégrisme religieux ou repli communautaire) »...Mais il n’est pas question pour autant de renforcer les moyens des travailleurs sociaux pour accompagner les personnes en difficulté !Le gouvernement a d’autres ambitions pour les salariés du social et n’hésite pas à remettre en cause toute la richesse du travail social accumulée depuis des décennies . La vocation du travail social était pourtant entre autres d’aider les personnes en difficulté à accéder à leurs droits fondamentaux. Cela découlait de la volonté , malgrè les inégalités sociales , de faire en sorte que chaque membre de la Société puisse magrè tout y trouver sa place en institutionnalisant des filets de solidarité. Le travail social avait sa place à côté entre autres de la Sécurité Sociale et du service public. Depuis plusieurs années, la logique est inversée : c’est la loi de la jungle qui est institutionnalisée, la concurrence « libre et non faussée » entre les entreprises et les individus. L’accès aux droits fondamentaux est remis en question et le caritatif prend peu à peu la place de la solidarité organisée vouée dans un deuxième temps à être transformée quand c’est possible en prestations lucratives. Suite logique, on attend désormais des travailleurs sociaux d’être « rentables » et de faire du contrôle social pour contrôler les « frustrations ». Ainsi, la Réforme de la Protection de l’Enfance comme le projet de loi « prévention de la delinquance » torpillent le secret professionnel qui garantissait une relation de confiance avec les personnes en difficulté et veulent organiser la délation, ficher la population qui ne correspondra pas aux normes, systématiser le soupçon dans les familles à risque dès la grossesse... Les travailleurs sociaux ne veulent pas se transformer en police des familles ou en « agents des renseignements généraux du social » : c’est ce qu’iront dire haut et fort à Paris les étudiants en travail social et les travailleurs sociaux mercredi 22 Mars. Départ en bus à 8H30 au parking de la patinoire de Metz.