Nouvelle semaine de conflits sociaux en France —par Jean-Marie Godard—

dimanche 30 janvier 2005, par Emmanuel


PARIS (AP) — Grèves, deuxième acte. Après les fortes tensions sociales de la mi-janvier, l’actualité cette semaine sera marquée par une nouvelle vague de conflits dans le secteur de la recherche et parmi les travailleurs sociaux, avec comme point d’orgue la journée interprofessionnelle d’actions de samedi pour la défense des 35 heures, des salaires, de l’emploi et du code du travail. Jeudi, le collectif national unitaire contre l’avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance, regroupant plusieurs associations et syndicats parmi lesquels la FSU, la CGT ou encore Sud, appelle les travailleurs sociaux à une journée de grève et à une manifestation nationale à Paris pour dénoncer ce texte accusé de faire la part belle à la répression. Les personnels se rassembleront à 13h à proximité du métro Goncourt puis défileront jusqu’à la place de la République en passant par celle de la Bastille. Les organisateurs attendent au moins 5.000 personnes. Des rassemblements sont également prévus à Marseille et Lyon. Ce défilé s’inscrira dans la droite ligne de la manifestation nationale organisée par le même collectif à Paris le 17 mars 2004 contre ce projet de loi prévoyant une obligation de signalement aux pouvoirs publics des familles en difficulté sociale ou éducative. A l’époque, le défilé avait rassemblé 4.700 personnes selon la police, 10.000 selon les organisateurs. Vendredi, l’ensemble des syndicats de la recherche publique appellent à des manifestations dans toute la France pour dénoncer les grandes lignes du projet de loi Fillon-D’Aubert. A Paris, les chercheurs doivent se rassembler à partir de 13h30 devant la faculté de Jussieu avant de défiler jusqu’aux abords du ministère de l’Education nationale et de la Recherche, et de l’hôtel Matignon. Le symbole est fort puisque le parcours est similaire à celui de la manifestation donnant le coup d’envoi, dans la rue, du mouvement des chercheurs le 29 janvier 2004 après plusieurs semaines de pétitions et de lettres ouvertes dénonçant leur situation. Les syndicats affirment que le gouvernement n’a pas tenu les promesses faites aux chercheurs à l’issue de ce mouvement. Ils estiment notamment qu’il faudrait doubler le budget prévu par le projet de loi pour arriver à 3% du PIB consacré à la recherche d’ici à 2010. Les chercheurs prévoient dès lundi des assemblées générales dans toute la France pour organiser la journée de vendredi. Et leurs organisations appellent, comme les fédérations de la Fonction publique ou de l’Education, à la journée interprofessionnelle de manifestations qui aura lieu samedi à l’initiative de quatre confédérations (CGT, CFDT, FO et CFTC) pour défendre les 35 heures, les salaires, l’emploi, et le code du travail. Les défilés et les rassemblements de samedi doivent d’ailleurs constituer une première « suite » à la journée de grève fortement suivie dans la Fonction publique le 20 janvier, particulièrement à l’Education, pour exiger des augmentations salariales et protester contre les réductions d’effectifs, les restrictions budgétaires ou encore, pour les enseignants, le projet de loi d’orientation pour l’Ecole. Samedi, les syndicats espèrent faire défiler ensemble les fonctionnaires comme les salariés du privé, notamment pour adresser un avertissement au gouvernement sur les 35 heures alors que les députés commenceront à examiner mardi la proposition de loi de l’UMP sur les nouveaux assouplissements à la réduction du temps de travail annoncés par Jean-Pierre Raffarin le 9 décembre dernier. AP