Non aux politiques d’enfermement des mineurs

Non aux Centres Educatifs Fermés

jeudi 22 février 2007


NON AUX CENTRES EDUCATIFS FERMES !

Créés par la loi d’orientation et de programmation du 9 septembre 2002 , les centres éducatifs fermés (CEF) sont destinés à recevoir pendant une durée de six mois renouvelable des mineurs de 13 à 18 ans placés sous contrôle judiciaire ou ayant fait l’objet d’une condamnation assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve. Le programme prévoit d’ouvrir soixante centres sur la période 2003-2007,

Après planification des remboursements, l’Etat reste débiteur aujourd’hui de 55 millions d’euros, à l’égard des associations qui mettent en oeuvre des mesures ordonnées par le juge des enfants. Cette somme correspond précisément à l’augmentation de la ligne CEF (Soit 700 euros par jour et par jeune)

Quelques chiffres issus du projet de loi de finances : En ce qui concerne les mineurs délinquants : Evolution entre l’exécution d’activité 2005 et les prévisions 2007 : Centres éducatifs fermés : +207,45 %Investigations et Orientations Educatives (I.O.E.) -4,54% Réparations pénales+5,99% Pour les mineurs en danger et jeunes majeurs sur la même période : Hébergement des jeunes majeurs -16,81% AEMO jeunes majeurs -15, 87% IOE -4,49% On constate une augmentation des crédits alloués aux dispositifs pour mineurs délinquants (pour les réprimer pas pour les éduquer !) au détriment de la protection des mineurs et des jeunes majeurs sur cette période. Globalement la protection de l’enfance en danger subit une baisse de crédits de -10,88 au profit de l’action en faveur des mineurs délinquants (+ 42, 99%) Plusieurs régions n’ont pas reçu le financement des mesures d’assistance éducatives exercées en 2005 et 2006.

Les personnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) dépendent du ministère de la justice et travaillent auprès d’adolescents et de jeunes majeurs. Ces jeunes leur sont confiés par un magistrat, juge des enfants ou juge d’instruction, pour des raisons diverses et souvent liées : difficultés familiales, scolaires, sociales, délits… Ces adolescents sont donc suivis sur décision judiciaire par des équipes pluridisciplinaires(éducateurs, psychologues, assistants sociaux…) dans différentes structures : Centres d’Action Educative, foyer éducatifs auprès du Tribunal…

Eduquer où enfermer il faut choisir

Avant les lois Perben 1 et 2 et maintenant le projet de loi dit de prévention de la délinquance, les professionnels s’appuyaient sur la philosophie de l’ordonnance de 45 qui préconisait la primauté des mesures éducatives sur les mesures répressives, c’est pourquoi les personnels de la Protection Judiciaire de la Jeunesse s’efforçaient de prendre en compte le délit comme un passage à l’acte révélateur d’une souffrance, en lien avec l’histoire du jeune, son parcours, sa situation. Toutes ces lois modifient profondément les missions de la PJJ, elles centrent les interventions sur des mesures de contrôle, de répression et du seul traitement du délit. De plus elles tendent à considérer de plus en plus les mineurs comme des majeurs.

Le gouvernement donc, méprise l’expérience des professionnels et laisse penser à l’opinion publique que toute ces lois vont pouvoir répondre aux problèmes de la délinquance des mineurs. Prétendre que les Centres Educatifs Fermés évitent l’incarcération des mineurs est une aberration, dans la mesure où des primo délinquants peuvent y être enfermés. En cas d’entorse au règlement ceux-ci y sont directement envoyés, alors qu’au départ ils ne relevaient pas d’une peine de prison.

Après Saint Denis le Thiboult, Doudeville un deuxième CEF en Normandie

Les Centres « Educatifs » Fermés, une des mesures phare de la loi Perben 1 sont présentés comme des solutions innovantes alors qu’ils ont déjà existé par le passé et qu’ils ont généré violences et maltraitances à l’intérieur ; Ils ont prouvé leur dangerosité et leur inefficacité, ce qui a entraîné leur fermeture il y a plus de vingt-cinq ans. Ces lieux d’enfermement ne pas les motifs qui ont poussé un jeune à commettre un acte de délinquance. Ils adoptent les mêmes principes de « ré-éducation » : enfermer les mineurs, les éloigner de leur cadre de vie et de leur famille, exercer une surveillance et un contrôle permanent. Ils se proposent d’éduquer les jeunes en vase clos, ce qui s’apparente à du « dressage » et du comportementalisme dans le but de les mettre à l’écart afin de maintenir la paix sociale. L’habillage éducatif qui est mis en avant vient en réalité masquer cet objectif.

L’enfermement, n’est pas une réponse aux difficultés d’une jeunesse qui a besoin pour sortir de la délinquance, d’avoir des perspectives d’intégration sociale. Le gouvernement, mène une véritable propagande sur l’insécurité qui dénature totalement le regard de la société sur la jeunesse.

Beaucoup de moyens, mais pour quel projet ?

Aujourd’hui, tous les moyens humains et financiers sont prioritairement concentrés sur l’ouverture et le fonctionnement des centres fermés et prochainement des Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM), la deuxième mesure phare de la loi Perben1. Le gouvernement va donc construire 7 prisons pour mineurs et fait ainsi clairement le choix de la détention pour ceux-ci. Le programme des CEF et des EPM asphyxie véritablement les autres structures de la PJJ, toutes celles qui travaillent dans un cadre ouvert avec les jeunes.

Alors que les centres fermés se banalisent et deviennent quasiment la seule solution de placement, de plus en plus de foyers éducatifs ferment (sept, en l’espace de deux ans). Les mesures en attente dans les services de milieu ouvert sont nombreuses, empêchant l’exécution des décisions judiciaires et la prise en charge des jeunes dans des délais adaptés. Les éducateurs recrutés en CEF ont rarement un diplôme approprié à la prise en charge de ce type de jeunes à la dérive, beaucoup ont des formations d’éducateurs sportifs Cette politique est catastrophique pour la jeunesse la plus en difficulté de ce pays à laquelle on ne propose aujourd’hui que des solutions de relégation inefficaces et dangereuses car elles réduisent les jeunes au silence ou les poussent à la révolte. Les professionnels savent que tout adolescent qui commet un acte de délinquance recherche par cet acte une attention particulière car son délit est un signe pour les adultes d’une situation de souffrance, de danger…Il ne s’agit pas de cautionner les délits mais bien de les appréhender dans une démarche éducative globale. L’enfermement des mineurs délinquants ne peut en aucun cas permettre ce travail, il est antinomique avec l’éducation qui, elle, a besoin de la durée, de la liberté et surtout d’une ambition pour la jeunesse qui soit portée par l’ensemble du corps social.

Surveiller, enfermer, punir. Les salariés du secteur Social et Médico-Social s’opposent à ce traitement de l’être humain et refusent d’être les agents de ces politiques répressives et ultralibérales.

NON A L’OUVERTURE DES CEF ! OUI A L’AUGMENTATION DES BUDGETS POUR LA PREVENTION GENERALE ET SPECIALISEE !

Signataires:Collectif 76 des Salariés du Secteur Social et Medico-Social ; SNPES PJJ FSU.Hacktivismes


4 Messages de forum

  • Bonjour à vous, je suis depuis Mai 2005 enseignant dans un centre éducatif Fermé. Je suis très étonné de votre méconnaissance du travail éducatif mis en place avec ces jeunes.Arrêtez d’opposer le milieu ouvert au milieu fermé, il n’y a ni méchants ni gentils. Nous travaillons de concert, nous participons aux mêmes activités culturelles, sportives. Nous sommes très préoccupés par la nécessité d’un travail précoce avec l’extérieur. Dès 2 mois de placement le jeune, aidé de 3 édu cateurs référents et de son enseignant référent, recherche des lieux de stages professionnels.Il bénéficie d’une retour en famille toutes les deux semaines. Dans le temps des activités obligatoires(classe et éducation physique et sportive) le jeune est amené à travailler dans d’autres structures avec d’autres jeunes : centre de voile, établissement scolaire « classique ».
    Maintenant parlons de l’incarcération que vous dites « systématisée »:abérrrant, dnas notre centre sur l’année 2005/2006 nous avons pris en charge 20 jeunes, 18 de ceux-ci sont sortis sans passer par la case prison, les deux autres étaient placés pour des actes de crimes. Les résultats sont positifs, le travail est harassant, les formations sont adaptées, notre équipe est soudée. Ne confondons pas parti pris politique et aveuglement, ces centres éducatifs apportent une solution à un système scolaire qui n’assume plus une partie de sa jeunesse.
    Maintenant, critiquez, fustigez comparez nous aux anciens centres de redressement si vous le souhaitez, il n’y a que l’inactivité qui ne risque pas d’être critiqué. Nous bossons avec nos tripes, ces gamins et gamines on les aimes plus qu’il ne le faudrait parfois (...)alors venez voir ce que l’on fait, déplacez vous, observez et cette fois analysez notre démarche de protection de la jeunesse.
    Merci à vous
    Saïg

    • oui je suis assez d’accord avec Saig,
      C’est un public dont personne ne veut, il n’ya qu’à voir comment certaine structure d’accueil ou d’orientation s’en débarrasse. Moi même professionnel auprès de ce public en internat je dois avouer que ce public est très difficile et à la fois en grande souffrance. l’enfermement ne doit pas ête pensé et fait comme une fin en soi mais comme préalable au démarrage d’un travail éducatif nécessaire pour certain mineur. comment engager un travail éducatif... avec un mineur dans la toute puissance qui fuit et qui dans sa fuite commet des actes qui le mettent en danger et mettent en danger les autres.heureusement que la plupart entendent et s’arrêtent avant d’être enfermé, et pour les autres ? faut il les envoyer dans des quartiers mineurs ou aucun travail éducatif ne sera réellement fait.Pour ce qui est des primo délinquants ceux-ci n’ont rien à faire en CEF. plutot que critiquer ce qui est concevable et plutôt positif en démocratie prenez ces mineurs en charges vous qui les fuiyez !!!!!!!!!
      Karo.

    • Bonjour Saïg,

      je prépare actuellement un oral pour une école de journalisme. Un des sujets à traiter pose la question de la prison comme seule solution à la délinquance. J’ai décidé de centrer sur le CEF et la récidive. Seriez-vous d’accord pour que je vous pose des questions sur votre expérience en CEF ?

      Je vous laisse mon mail :
      marie.agnes.suquet gmail.com

      Merci d’avance pour votre aide.

  • c est un peut gonflé comme propos , moi aussi je travail dans un cef et méme si tout n y est pas simple et parfais, c est trés loin de ce que vous decrivez, on y favorisse les liens familiaux , la remise a niveaux scolaire , et la mise en place de stage et formation pour trouver des solutions ou scolaire ou profesionnel afin d assurer un réinsertion la plus saine possible et surtout la plus durable .
    Mais on n oublie pas non plus de faire prendre conscience a l enfant que la vie est faite de régles et que ne pas les respecter est utopiste
    vous devriez , avant de publier ce type d article demander a visiter au moins un CEF, vous vous appercevrez hors des histoires de budgets et volontée politique ou autres intéret personnel que le travail effectué par des gents que vous estimé non qualifié demande autrement plus d’investisement et de conviction qu une propagande de grattes papiers non informés ;
    juste pour votre information , c est momes au non desquels vous parlez ,ont besoin d un peut plus que de théori , et pour conclure , les CEF ne sont pas la solution , mais ont pour le moment des résultats au dessus des espérances ,ils ne remplacent rien , mais sont a titre expérimental un outils supplémentaire a la gamme déjà existante (pour votre info les agréments se font par tranche de courte durée renouvlable ou pas)
    et de grace , évitez le comparatif avec les maison de redressement d autrefois , c est un peut comme si vous compariez la chirugie et la charcuterie
    Denis