NOS ENFANTS SONT SUSPECTS

lundi 7 février 2005


Après l’avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance de Sarkozy, fin 2003, voici le rapport Benisti ( consultable sur www.abri.org/antidelation ), remis en décembre 2004 à De Villepin. Le contenu est tellement caricatural et outrancier, qu’il faut s’interroger sur la diffusion opportune de ce document, dont l’objectif principal pourrait être de mesurer les réactions et les mobilisations. La philosophie de ces différents textes n’évolue pas, elle reste ancrée dans le sécuritaire, le répressif et les atteintes aux libertés publiques. Les jeunes, les immigrés, les exclus, les précaires deviennent des populations dangereuses qu’il convient de contrôler et de rééduquer. Dès la maternelle, il faut agir sur les < parcours déviants > sinon on s’écarte < du droit chemin > et I’on devient inexorablement un délinquant. Le secret professionnel est remis en cause, il faut développer ( une culture du secret partagé )), avec la police évidemment, notion particulièrement floue qui s’apparente à de la délation institutionnalisée. Le Maire est intronisé grand coordinateur de la prévention de la délinquance. La vidéosurveillance et la police remplace les aides éducateurs dans les établissements scolaires. A la Mairie de Mende, l’observatoire de la sécurité réunit certains conseillers et services municipaux, la police, la plupart des établissements scolaires, certaines associations, la SNCF, la SAIEM, etc... .Les comptes-rendus ont des relents nauséabonds qui rappellent de sinistres périodes, la délation est encouragée et organisée, le fichage de la population est en marche, les jeunes, les étrangers, les exclus sont particulièrement stigmatisés. Des expériences similaires se multiplient dans la plus grande discrétion. Les prochains projets vont sans doute préconiser la réouverture des maisons de correction, des colonies agricoles pénitentiaires ou des bagnes pour enfants comme Mettray. Jamais n’est affichée la volonté politique de s’attaquer aux véritables causes de la délinquance que sont le chômage, le logement, la discrimination , la misère, ... . Jamais n’est posée la question des moyens humains et financiers d’une politique de prévention et d’un travail éducatif et social au service des personnes, conforme à une éthique respectueuse des individus et oeuvrant pour leur émancipation. Nous ne voulons pas d’une société basée sur I’exclusion et la pénalisation de la pauvreté pour alimenter les profits des marchés de la sécurité. Nous ne voulons pas d’une société qui détruit le lien social et transforme les travailleurs éducatifs et sociaux en auxiliaires de police. Nous ne voulons pas d’une société qui entretient la peur de I’autre, de l’étranger, du jeune, du pauvre,.... Pour s’opposer à ces orientations ultra libérales, sécuritaires, répressives et liberticides ,

L,OBSERVATOIRE des ATTEINTES aux LIBERTES PUBLIQUES 48, s’associe au mouvement de grève et à la manifestation nationale du 03 Février 2005 à PARIS.

Observatoire des Atteintes aux Libertés Publiques 48 Contact : oalp48 club-internet.fr

NE PAS JETER SUR LA VOIE PUBLIQUE. IPNS

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