NON AU FICHAGE DES POPULATIONS LES TRAVAILLEURS SOCIAUX NE SONT PAS DES INDICS !

mercredi 21 avril 2004, par Emmanuel


Un avant projet de loi sur la prévention de la délinquance est actuellement en discussion. Il prévoit de transformer les travailleurs sociaux en auxiliaires de police et de ficher tous ceux qui sont confrontés à un problème à un moment donné de leur vie. Chacun de nous peut être concerné !

 ? Si demain, vous vous retrouvez au chômage,

 ? Si votre famille est confrontée à des difficultés financières,

 ? Si votre enfant s’absente souvent de l’école : nous devons le dénoncer au maire et vous serez convoqués afin de suivre un stage de parentalité et payer une amende de 750 euros. Est-ce la solution ?

 ? Si vous êtes confronté(e) à des problèmes dans votre couple et que vous souhaitez en parler avec un travailleur social,  ? si votre couple se sépare,

 ? Si à une période de sa vie, votre enfant commet un délit, Etc.

Aurez-vous envie que votre vie et vos problèmes soient étalés devant les élus municipaux ? Ceux-là mêmes qui ont de larges pouvoirs pour vous octroyer un logement, inscrire votre enfant en centre de vacances, faire accéder à un emploi municipal ?

Et si les travailleurs sociaux sont tenus de travailler en collaboration étroite avec la police et la gendarmerie, quelle confiance pourrez-vous leur faire ?

Croire que seule la répression peut régler les problèmes est une illusion. Si les services de police sont là pour faire respecter les lois, si les tribunaux sont là pour punir les délits, les travailleurs sociaux, eux, doivent pouvoir apporter aide, soutien, écoute, à ceux qui en ont besoin. Chacun son rôle !

Notre société est de plus en plus ultra libérale. Les richesses ne profitent qu’aux riches. La protection sociale (sécurité sociale, ASSEDIC, CAF, retraite, santé) basée sur la solidarité et le partage, est mise à mal. En conséquence, un grand nombre de personnels basculent dans la pauvreté et l’exclusion. Le projet fait de chacun d’entre nous un délinquant potentiel.

Nous n’acceptons pas l’amalgame insupportable qui est fait entre pauvreté et délinquance, transformant en suspects 9 millions de pauvres, dont 1 million d’enfants.

On ne camoufle pas la misère sociale par la délation et la répression. Les réponses aux problèmes qui se posent s’inscrivent dans un autre choix de société !