NON A L’ARBITRAIRE DANS LES CENTRES DE RÉCEPTION DES ÉTRANGERS !

mercredi 9 août 2006, par janos


NON A L’ARBITRAIRE DANS LES CENTRES DE RÉCEPTION DES ÉTRANGERS !

Plusieurs témoignages nous sont parvenus nous rapportant des actes d’humiliation inacceptables vis-à-vis des sans-papiers et des demandeurs d’asile se présentant dans les centres de réception des étrangers (CRE). Les fonctionnaires de police chargés de la sécurité des lieux se permettent, entre autres, de faire pression sur les femmes portant un foulard ou un voile. Si ces personnes refusent d’enlever leur voile, elles sont mises dehors. Après avoir attendu parfois pendant plus de six heures (certains sont là avec leurs enfants depuis 4 heures du matin), les personnes n’ont d’autre choix que de se plier à l’arbitraire. ces pratiques ne sont que la partie visible de l’iceberg et nous dénonçons toutes les politiques mises en œuvre par les gouvernements successifs à l’encontre des étrangers.

Combattons l’arbitraire, les discriminations, l’islamophobie ainsi que l’Expression administrative du racisme d’État !

- Marche, suivie d’un Rassemblement de protestation devant le Centre de réception des étrangers du 118 rue d’Aubervilliers(Paris 19ème ).

Rendez-vous :jeudi 10 août à 16h30 au métro Crimée ou directement à 17h30 devant le CRE

Liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous !

Premiers signataires : Mrap 5ème - 13ème, Mouvement des indigènes de la république, CFPE-Collectif fémnistes pour l’égalité...

Contact : libres118 yahoo.fr

+++++++++++++++++ un témoignage :

8h20 J’arrive au centre de réception des étrangers de la rue d’Aubervilliers. Les portes ne sont pas encore ouvertes mais il y a deux très longues files d’attentes de chaque coté du batiment. La famille que j’accompagne est déjà là depuis 5h ce matin mais il y a quand meme du monde devant eux.

Vers 8h40, des policiers viennent à chaque grille qui mènent aux portes du centre pour « réguler » les entrées. Ils font rentrer les gens par petits groupes de 20 environ. Chaque fois, du coté où je fais la queue, ils ouvrent et referment les grilles en invectivant les gens : « Reculez ! », « Poussez vous bande de crétins ! », "Si tu t’pousses pas t’entres pas !"... Se pousser, reculer, c’est dur car on est serrés comme des sardines. Que du très banal me direz vous sans doute, mais c’est la 1ère fois que j’ai l’impression d’etre du bétail... Bien que personne ne s’énerve ni ne tentent de forcer le passage, une fonctionnaire de police sort et brandit son tonfa à travers les grilles pour que les gens ne poussent pas. Dans la file d’attente les gens sont calmes et solidaires. Un enfant pleure car il a envie de faire pipi. Difficile de sortir du rang, tant bien que mal nous lui faisons un petit espace sur le coté vers les rambardes pour qu’il puisse se soulager... Il a honte et après il se cache la tete dans les jupes de sa mère.

10h, c’est notre tour d’entrer dans la petite cour qui mène au sas qui lui meme mène dans l’enceinte du CRE. Derrière nous, il y a encore beaucoup de gens.

10h15, ça y est on a passé le sas et après nous avoir attribué un numéro on nous a orientés vers la salle des guichets. Là encore il faut attendre. Je vais boire un café à la machine près de l’entrée. A ce moment là, une dame agée et un jeune couple avec un bébé dans une poussette entrent, un des policiers en faction aux portes internes du batiment les interpellent : "Faut enlever votre voile là sinon vous n’entrez pas !" Visiblement, les 2 femmes, qui portent effectivement un foulard sur la tete ne comprennent pas. L’homme arrive juste à dire qu’ils sont tchètchènes. Le policier s’énerve un peu et leur fait comprendre plus ou moins par gestes qu’ils faut que les 2 femmes se découvrent, "sinon, dehors ! C’est comme ça ici, on ne met rien sur la tete !" Les 2 femmes ont l’air génées mais elles s’exécutent, de toute façon elles n’ont pas le choix. Elles baissent un peu leur foulard, mais ça ne suffit pas, alors elles le descendent sur leurs épaules. Le policier impose ensuite au monsieur tchètchène d’oter sa casquette. Un peu plus tard, j’entendrai des policiers dire : "Ah, ces voiles et ces casquettes, c’est un combat sans fin..."

12h, après diverses tracasseries dont je vous passe les détails mais qui semblent faire ici partie du quotidien et contre lesquelles on ne peut pas faire grand chose si on veut que notre dossier soit pris, nous ressortons avec la promesse d’une réponse par courrier dans les 6 mois. Aujourd’hui, j’ai appris 2 choses, mais je m’en serai bien passée :
- parce qu’ils viennent chercher ce qui somme toute n’est qu’un bout de papier, des humains peuvent se faire traiter comme des animaux par des personnes mandatées par l’Etat français
- dans les centres de réceptions pour étrangers la laicité est une religion avec laquelle on ne transige pas et pour la faire respecter, là encore on n’hésite pas à humilier les gens.