Mobilisés contre le projet de loi pour la prévention de la délinquance « Classe dangeureuse »

Rouge 2055, Souad Christian-Hervé, 11/03/2004

vendredi 12 mars 2004


Voir en ligne : http://www.lcr-rouge.org/

Pour mieux asseoir sa politique de casse sociale et imposer son projet de société ultralibéral au service d’un capitalisme mondialisé, le gouvernement français, s’appuie sur une logique du « tout-sécuritaire » qui a pour vocation d’éviter tout débordement. Dans la droite ligne des lois Perben, Sarkozy, dans son projet de loi « pour la prévention de la délinquance », veut renforcer le contrôle social, la répression des plus défavorisés. En partant du principe que ces populations sont potentiellement délinquantes, il réintroduit la notion de classe dangereuse. Ce projet redéfinit les missions et rôles des collectivités territoriales et de l’Education nationale, ainsi que l’orientation du financement de l’Etat. Il prévoit d’attribuer aux bailleurs sociaux la possibilité d’expulser les locataires sur simple « constatation de troubles du voisinage » et d’installer des caméras de vidéo surveillance dans les halls d’immeuble. L’absentéisme scolaire sera sanctionné, avant poursuite et amendes, par un stage de « soutien à la parentalité » aux frais des familles. Les « jeunes filles de famille d’origine étrangère » seront « incitées à accéder à des internats », et les garçons, dès 16 ans, à s’engager « dans la sécurité et la défense civile ». Ce projet, qui étend les pouvoirs de police du maire, devenu « coordinateur de la prévention de la délinquance », positionne les intervenants sociaux en auxiliaire de police en imposant à « tout professionnel qui intervient au bénéfice d’une personne présentant des difficultés sociales, éducatives ou matérielles [...], d’en informer le maire de la commune de résidence ». Quant aux médecins et infirmières scolaires, surveillés par des « comités d’éducation à la santé », aux parents et assistantes sociales, surveillés par des « comités pour le respect des droits et devoirs des familles », aux professeurs, sous contrôle des « cellules de veille éducative », ils devront transmettre au maire les informations nominatives utiles à la constitution de fichiers. D’autres dispositifs tout aussi liberticides émaillent ce texte qui pénalise l’ensemble de la vie civile et familiale, et désagrège les droits sociaux, les garanties collectives et les libertés fondamentales de chacun. Une journée nationale de grève aura lieu le 17 mars ; la manifestation pour le retrait de ce projet, aura lieu à 12 h à Paris (M° Gobelins), à l’initiative de l’intersyndicale des intervenants sociaux et du Collectif de la prévention spécialisée d’Île-de-France.

Souad Christian-Hervé

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Rouge 2055 11/03/2004