Mieux vaut punir que guérir

Police, justice : les dossiers en débat.

dimanche 8 janvier 2006

L’Humanité du 02.01.06


D’ une part, il y a le projet de prévention de la délin­quance, que Nicolas Sarkozy a décidé de relancer de­puis la crise des banlieues. En gros, ce qui se veut un contre­poids au tout répressif se révèle un texte fourre-tout ayant un objectif simple : resserrer le contrôle social des populations jugées à risque. Pour y parve­nir, le ministre de l’Intérieur veut revenir sur le secret pro­fessionnel et faire des infirmières de protection mater­nelle infantile, des éducateurs ou des travailleurs sociaux au­tant d’informateurs sommés de signaler les personnes en dif­-ficulté au maire, devenu réfé­rent local pour la lutte contre la délinquance.

Ce plan vise, suite au controversé rapport Bénisti, à détecter au plus tôt les futurs délinquants en créant un « sys­tème de repérage et de suivi des difficultés et des troubles du comportement de l’enfant » non seulement dans les établis­sements primaires et secon­daires, mais aussi dans les crèches ! Cet élargissement du domaine des « délinquants », conjugué avec l’aggravation des peines pour les récidivistes, a pour corollaire une augmen­tation des places de prison pour les mineurs ainsi que pour les majeurs, avec la li­vraison attendue de nouvelles maisons d’arrêt. Bien entendu, pas question pour le gouver­nement d’augmenter le nombre de juges d’application des peines, ni les effectifs des personnels médicaux, même si, comme le note un récent rapport, près de 30 % des dé­tenus souffrent de troubles psychiques.

Punir vaut mieux que guérir, et ce n’est pas le bracelet électro­nique qui devrait y changer grand-chose, les crédits pour sa mise en place n’ayant pas encore été débloqués.

Enfin, suite au procès d’ Outreau, une réflexion est engagée sur une réforme de la responsabilité des juges d’ins­truction, dont certains avocats demandent la suppression.

C. P.


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