Mauvaises notes pour l’« internat réussite »

20 Minutes | édition du 18.05.06

dimanche 21 mai 2006


Ce devait être le fleuron du projet de loi de prévention de la délinquance, que Nicolas Sarkozy doit présenter prochainement en Conseil des ministres. Mais le succès annoncé du premier « internat pour la réussite », inauguré en grande pompe par le ministre de l’Intérieur au collège François-Truffaut d’Asnières (Hauts-de-Seine) en septembre 2005, n’est pas au rendez-vous. Les performances scolaires des internes, huit garçons de 12 ans en classe de cinquième sélectionnés parce qu’ils étaient « issus de familles défavorisées, mais méritants », ne sont guère concluantes.

« Leurs résultats sont catastrophiques. Ils ne travaillent pas, certains n’amènent même plus leurs affaires en cours. Ils ne méritent pas de passer en quatrième », estime sous couvert d’anonymat une de leurs professeurs, qui n’hésite pas à parler d’« internat de l’échec ». « Ils se tenaient quand même mieux en début d’année », poursuit-elle. Pourtant, avec deux auxiliaires de vie pour huit élèves, et 40 000 e de budget, les recrues avaient des chances de réussir. Mais l’exclusion de deux de leurs camarades pensionnaires début janvier pour « violences sexuelles » sur l’un des leurs a pu les perturber, au point de décrocher scolairement. « Leurs parents se sont même demandés où ils avaient mis leurs enfants », témoigne Agnès Verdurand, secrétaire départementale du Snes-FSU.

Au conseil général des Hauts-de-Seine, Isabelle Balkany, vice-présidente (UMP) en charge du dossier, offre une tout autre version. Cette proche de Nicolas Sarkozy affirme que « l’expérience est tout à fait concluante dans le concept » et que « certains des internes ont progressé ». Du coup, un deuxième « internat pour la réussite » doit ouvrir, toujours à Asnières. Trente-deux adolescents y sont attendus dès la prochaine rentrée scolaire. « C’est l’internat dont j’ai toujours rêvé quand j’étais petite », affirme l’élue. Quant à celui de François-Truffaut, il fermera ses portes en juin, comme prévu officiellement. Les six internes iront poursuivre l’expérience de prévention de la délinquance ailleurs.

*Laure de Charette*