Manif contre « la précarité sociale »

lundi 15 mars 2004, par Emmanuel

Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel du DAL, des intermittents, et des syndicats à manifester contre « la casse des droits sociaux ».


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Plusieurs milliers de personnes répondant à l’appel d’une quarantaine d’associations et de syndicats ont commencé à défiler samedi 13 mars en milieu d’après-midi à Paris pour dénoncer la reprise des expulsions locatives et plus largement la politique sociale du gouvernement. Une quarantaine d’associations et de syndicats -en tête desquels Droit au logement (DAL)- appelaient à manifester samedi à Paris et dans une dizaine de villes de province. Partis de la place de la République vers 15h, les manifestants qui défilent derrière une banderole sur laquelle on peut lire « Pas d’expulsions sans relogement » doivent se rendre place du Châtelet. « Chirac, es-tu sourd à l’appel des mal-logés ! », scandent les protestataires parmi lesquels de nombreuses familles en situation précaire. Les associations de chômeurs, les intermittents du spectacle ou encore la CGT et des représentants de la Fédération syndicale unitaire (FSU) sont également présents dans le cortège parisien pour dénoncer les mesures restreignant les conditions d’indemnisation des demandeurs d’emploi, la réforme de l’assurance chômage du spectacle ou encore la politique du gouvernement Raffarin en matière de service public.

Expulsions

Comme chaque année, la « trêve hivernale » qui interdit toute mise à la rue durant l’hiver et prend effet tous les ans le 1er novembre, va en effet se terminer le 15 mars au matin. Des défilés et des rassemblements sont prévus, selon l’association Droit au logement, à Colmar, Lille, Marseille, Montpellier, Orléans, Rouen, Tours et Paris. Dans la capitale, les manifestants se rassembleront place de la République à partir de 14h puis défileront jusqu’à la place du Châtelet. La Confédération nationale du logement (CNL), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Collectif des travailleurs sociaux d’Ile-de-France, plusieurs fédérations des syndicats Sud, de la CGT ou encore de la FSU appellent à se joindre au défilé. Au-delà de la reprise des expulsions locatives, les protestataires parisiens manifesteront contre la précarité et la politique du gouvernement, puisque la Coordination des intermittents du spectacle a également prévu de se rassembler au même moment place de la République, tout comme un « collectif des jeunes chercheurs en colère », et de défiler dans le sillage des mal-logés.

Sans-papiers, « anti-pub »...

Les sans-papiers devaient également présents, de même que les militants « anti-pub » qui devaient défiler en début d’après-midi de la place des Fêtes -dans le 19e arrondissement de Paris- jusqu’à la place de la République. A partir de lundi, « des dizaines de milliers de familles qui sont l’objet d’un jugement d’expulsion devront quitter leur logement, de gré ou de force, poussées par les huissiers et la police, ou simplement ’la peur du gendarme’, sans aucune autre solution, au mieux, qu’un hébergement de quelques nuits », dénoncent les associations de soutien aux mal-logés dans un communiqué. « Les locataires modestes, mis parfois dans l’impossibilité de payer leur loyer, sont les premiers touchés ». « Avec la précarisation des locataires, la spéculation immobilière orchestrée par les groupes financiers, la flambée des loyers incontrôlée, l’insuffisance des logements sociaux, la destruction des logements privés bon marché (...), la crise du logement frappe de plus en plus d’habitants », estiment les associations qui accusent « les pouvoirs publics, en particulier le gouvernement », d’être responsables de cette situation.

Contre la privatisation du logement social

Selon les associations, le gouvernement « réduit les budgets pour la réalisation des logements sociaux et les allocations logement, alimente la spéculation par des allégements fiscaux au bénéfice des hauts contribuables ou par la vente massive du patrimoine immobilier du secteur public, privatise le logement social » ou encore « favorise les expulsions en réduisant les aides aux locataires en difficulté et en commandant aux préfets de réduire les sursis aux expulsions ». Samedi, les manifestants réclameront donc un « moratoire sur les expulsions », le « relogement préalable à toute expulsion », la réalisation « en urgence » d’un million de logements sociaux sur toute la France, la mise en place d’un « droit au logement opposable », c’est-à-dire garanti, ou encore « la réquisition des logements vacants par les autorités pour répondre à la demande ». (avec AP)

© Le Nouvel Observateur 1999/2000