Maire de Roanne : Délation

mercredi 5 janvier 2005

Communiqué de presse de la LDH Roanne suite au conseil municipal de Roanne le 3 janvier


Roanne, laboratoire de la délation.

Monsieur Yves Nicolin , Député Maire de Roanne, a fait voter au CM du 3 janvier 2005 par sa majorité municipale (le groupe des élus Gauche et Progrès ayant voté contre) une dotation d’un montant de 10 000 euros destinée à récompenser les personnes qui dénonceraient les auteurs d’un cambriolage ayant eu lieu le 9/12/2004. Dans un premier temps, Yves Nicolin avait annoncé dans la presse une prime que la commune verserait aux indicateurs ; mais le Préfet ayant rappelé que seul l’Etat a le pouvoir de procéder à des enquêtes de police , le Député Maire a affiné sa délibération et c’est un fonds de dotation au Ministère de l’Intérieur qui a été voté, fonds destiné à récompenser les indicateurs qui permettraient l’arrestation des auteurs de ce casse.

Sous cette forme, la délibération passera peut-être le contrôle de légalité du Préfet, sans en faire pour autant un acte bien glorieux.

Le Maire précise bien que ces 10 000 euros iront aux informateurs sur cette affaire exclusivement ; on ne sait si un fait délictueux ou criminel particulièrement odieux qui se produirait dans les mois qui viennent provoquerait le vote d’une nouvelle dotation pour rémunérer des nouveaux indicateurs

Ce vote n’est ni une bourde, ni un dérapage, mais une action politique dure : la droite de la droite qui, par un amendement de Mr Mariani a introduit dans la loi Perben la rémunération des indicateurs veut concrétiser la chose, et les modalités de cette rémunération n’étant pas mises en place par les ministres concernés, des élus de base se chargent de la communication.

Le résultat est que la ville de Roanne va être la première commune, et la seule à ce jour, à offrir au Ministère de l’Intérieur qui n’avait rien demandé une dotation spéciale indicateurs. Nous aurions aimé être les premiers dans des tas de domaines, mais non, nous voilà premiers en délation.

SECTION DE ROANNE DE LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME

4 JANVIER 2005