MM. Villepin et Sarkozy vantent les mérites des édiles

Le Monde du 26 novembre 2005

mardi 29 novembre 2005


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À L’APPLAUDIMÈTRE, Nicolas Sarkozy l’ a sans doute emporté. Au nombre de maires présents dans la salle pour l’écouter, c’est Domini­que de Villepin qui peut s’estimer vainqueur. Devant le congrès de l’ Association des maires de France (AMF), l ’un et l’autre, revenant sur les violences urbaines, ont rivalisé de bonnes intentions à l’égard des quelque 4000 élus présents. « Vous êtes les mieux placés pour écouter, rassembler et convaincre », leur a lancé, mardi 22 novembre, le premier ministre. Le maire sera le « vrai pilote » du futur « plan natio­nal de prévention des violences », a-t-il insisté, indiquant que les élus devraient « disposer d’instruments supplémentaires » pour lutter contre « les tapages, les agressions verbales », ainsi que de nouveaux « pouvoirs » pour la police munici­pale. Gens du voyage Jeudi 24 novembre, M. Sarkozy a usé des mêmes termes : « Le mai­re est le seul à pouvoir régler les diffi­cultés avant qu’il ne soit trop tard. II lui faut des moyens d’être informé et d’agir. (...) II doit être le coordina­teur de toutes les interventions de nature sociale. » S’en prenant à l’ab­-sentéisme scolaire, « premier signe de la dérive des jeunes (...), il faut, a-t-il affirmé, que la loi donne [au maire] un pouvoir d’intervention ». Le ministre de l’intérieur s’est taillé un franc succès en annonçant, à propos des gens du voyage, qu’il avait « proposé au garde des Sceaux de réduire à quarante-huit heures [au lieu d’une semaine] le délai don­né aux tribunaux pour statuer sur une demande d’évacuation présentée par un maire ». Malgré ces engagements, les élus municipaux se sont montrés, jeudi matin très virulents à l’égard de Jean-François Copé, ministre délégué au budget, venu présenter le projet de plafonnement, à 3,5 % de la valeur ajoutée, de la taxe pro­fessionnelle. « Les maires veulent bien être des coordonnateurs de la prévention. Mais il leur faut des moyens juridiques, financiers et humains », s’est exclamé Jacques Pélissard, président (UMP) de l’AMF, dans les allées du congrès, après le discours de M. Sarkozy. « L’ Etat veut nous donner plus de pouvoirs, mais avec moins de moyens ! », a déploré Alain Cas­tang, maire (PS) de Rouffignac-de-­Sigoulès (Dordogne).

B. J.