MARCHANDISATION DU TRAVAIL SOCIAL ET DEGATS...

dimanche 28 mars 2010, par Coordination Région Parisienne


MP4-Champ Social relance sa pétition contre la privatisation des Services sociaux.

L’adaptation en France du cadre européen de privatisation des Services Publics sur le Social, est bien en cours...

Voici pour illustrer, deux exemples actuels, issus de notre réseau :

1- Un exemple de quotidien de travail modifié :

A Paris, la mairie d’un arrondissement a « passé » une crèche qui était municipale, à une entreprise privée à but lucratif « People and Baby ». People and Baby : crèches privées - 1000 salariés en France et au Luxembourg pour une soixantaine de crèches. «  Quand bébé rime avec business, le projet pédagogique n’est pas au coeur des préoccupations des entreprises, c’est plutôt la mise en place d’une organisation rentable au détriment de la qualité du travail, et des droits des salariés.  » ont constaté les salariées de cette structure.

Ces professionnelles qualifiées de la petite enfance ont expliqué : Dans la crèche précédemment, lorsqu’elle était municipale, les parents venaient chercher les petits jusqu’à 19h, puis les professionnelles remettaient les locaux en état et finissaient à 19h30. « People and Baby » voyant cela, a décidé que les professionnelles ne seraient plus payées après 19h, « puisqu’il n’y avait plus d’enfants »...
- Si un parent arrive de son travail chercher son enfant à 18h59, faut-il lui coller son bébé dans les bras, et claquer la porte ?
- Les enfants jouaient en attendant jusqu’à 19h : faut-il donc que les salariés travaillent bénévolement... pour tout ranger après ? ou bien laissent la crèche en capharnaüm, quand les petits redéboullent le lendemain à l’aube ?

Ce mode de « management » est applicable à n’importe quelle autre activité sociale auprès d’humains de tout âge...,

et les salariés qui ne sont pas d’accord...sont licenciés !

2- Un exemple de droit collectif modifié :

Toutes les petites Associations à but non lucratif loi 1901, employant des Travailleurs sociaux et médico-sociaux dans les départements en France, se restructurent sur quelques « gros trusts » et se préparent à être « compétitives », en acceptant la déconstruction massive des Conventions Collectives : Celles-ci accordaient des droits (jours de congés supplémentaires,...) aux professionnels du social depuis 1951 (la C.C. 51) et 1966 (la C.C. 66), simplement pour qu’ils puissent « tenir le coup », et aider les enfants et adultes en très grande difficulté, qui leur sont confiés.

La première préoccupation des grosses Fédérations Nationales d’Employeurs du Social est maintenant de pouvoir être « concurrentiels » avec le secteur privé qui arrive sur le marché, auprès des collectivités locales (mairies et conseils généraux) rendues exsangues par les transferts de missions de l’état sans transfert de fonds correspondants, et serrant tous les budgets. La variable d’ajustement financier la plus importante dans le secteur social ? le coût de la masse salariale.

Dans quel état seront ces prétendus « travailleurs sociaux » maintenant non qualifiés (-pour payer des salaires au plus bas-), en contrats précaires (-pour l’ajustement au flux de la demande-) face aux populations qu’ils doivent aider et qui elles, sont de plus en plus en souffrance et explosives par l’augmentation massive de la précarité ?

Quel « travail social » peut exister dans ce contexte ?

Agnès

PETITION DE MP4-CHAMP SOCIAL « Les services sociaux ne sont pas des services marchands » et toutes les précisions techniques sur ce dossier européen des SSIG « Services Sociaux d’Interêts Généraux »

site de MP4  : - Signer la pétition - http://www.mp4-champsocial.org/