Lettre ouverte à Monsieur le Président du Conseil Général de la Marne et à Monsieur le Maire de Vitry-le-François

mardi 12 juillet 2005, par Nath

Le collectif marnais a rédigé une lettre ouverte dont les copies ont été envoyées au ministère des affaires sociales, aux directions des structures sociales, éducatives et médicales travaillant sur Vitry-le-François et à la presse locale.


Monsieur le Président, Monsieur le Maire,

Vous avez défendu l’an dernier la nécessité d’établir un diagnostic social dans l’objectif énoncé d’améliorer « [...] l’efficacité recherchée dans la prise en compte des besoins des personnes » (lettre de Madame de Gouville du 27 février 2004 adressée aux responsables des structures éducatives et sociales).

Inscrite dans le cadre d’un projet de loi dit « de prévention de la délinquance » cette action a donné lieu à de vives réactions, en particulier du fait de l’utilisation de fiches de renseignements nominatives élaborées à l’insu des personnes fichées et faisant l’amalgame entre fragilité sociale (au sens large) et délinquance.

Le diagnostic social que vous avez présenté le 25 juin 2004 stipule que votre « souci [est] de rendre un service de meilleure qualité aux personnes » et que « les dispositifs existants ne sont pas tous utilisés de manière optimale ».

Il s’avère qu’un an après, les populations en difficultés bénéficient moins que jamais d’interventions de la qualité optimale dont il est question dans ce document.

En pleine canicule (juin 2005), entre 15 et 20 familles vitryates ont été coupées d’eau pour des problèmes de factures impayées, souvent pour des sommes n’atteignant pas le coût du déplacement et de la dépose du compteur d’eau ! Ces coupures, indignes de notre époque et du plus simple respect dû aux individus, sont en totale contradiction avec la loi de lutte contre les exclusions (article 136, loi du 31 juillet 1998) et sont contraires à l’appel à la solidarité nationale prôné face à la situation caniculaire. Elles viennent, de plus, aggraver encore la situation sociale et sanitaire de personnes déjà en grande fragilité.

Le Collectif Marnais contre les Dérives Sécuritaires dénonce vigoureusement : · La situation déplorable et insécurisante imposée à ces familles du fait des coupures d’eau · Le fait que le dispositif prévu à l’article 43-6 de la loi citée plus haut n’ait pas été activé alors qu’existe une convention entre la Compagnie Générale des Eaux et la municipalité de Vitry-le-François

et exige que : · L’eau soit rétablie dans les délais les plus brefs pour toutes les familles, sans condition · Les frais découlant de ces coupures ne soient pas imputés à ces familles · Le dispositif de maintien de la fourniture d’énergie et d’eau s’applique à Vitry-le-François comme dans toute commune digne de notre siècle

En tout état de cause, une fois de plus, le Collectif Marnais contre les Dérives Sécuritaires constate, outre son aspect illégal et choquant, l’inutilité flagrante de l’opération de fichage menée l’année dernière et l’inopérance en matière sociale du diagnostic qui en a découlé.

Le 4 juillet 2005

COLLECTIF MARNAIS CONTRE LES DERIVES SECURITAIRES 4 rue de la Salle, 51100 Reims