Les parents d’élèves FCPE s’inquiètent du « renoncement » de lécole

29 mai 2004 - AFP

mercredi 2 juin 2004, par Emmanuel


« Renoncement« de l’école, faillite du gouvernement, »sarkozysation« de la société : »tous les voyants sont au rouge« , a prévenu samedi le président de la principale fédération de parents d’élèves, la FCPE, à l’ouverture de son 58e congrès à Nantes. »L’école a failli et renoncé à ses missions tant d’éducation que d’enseignement et ce n’est pas un hasard, le Premier ministre et ses gouvernements successifs l’ont voulu ainsi", a lancé le président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), Georges Dupon-Lahitte.

Il a dénoncé « une conception de la jeunesse ressentie comme hostile et dangereuse ». « La FCPE, a-t-il affirmé, n’acceptera jamais que la répression se substitue à l’éducation ».

Il a ainsi rappelé son opposition à « l’exclusion des jeunes filles voilées au péril de leur accès à l’émancipation, la répression financière de l’absentéisme scolaire touchant les plus démunis, le recours à la police et la justice pour tout incident même mineur, sans que jamais on essaie de comprendre, de prévenir, d’éradiquer les causes ».

Il a également dénoncé « le renoncement, faute de moyens, à la mission même d’enseignement » de l’école, évoquant notamment « la scolarisation sacrifiée des deux ans en maternelle » et toutes les difficultés rencontrées dans les collèges et lycées, « masquées par des réformes qui tentent toutes à ségréger et reléguer ».

Au coeur de ses attaques, la « politique de restrictions budgétaires du gouvernement, bradant l’école de la République ».

Le dirigeant de la FCPE s’est dit aux côtés des enseignants en lutte, affirmant « reconnaître et partager leur engagement ». Toutefois, il a souligné que « certains accueillent avec soulagement le retour d’une politique élitiste et conservatrice dont ils attendent un plus grand confort professionnel et un éloignement des parents décidément trop encombrants, trop exigeants ».

« Le nouveau ministre, comme l’ancien, déclarent que <>. Non, ce qui est au coeur et doit le rester, c’est l’enfant », a-t-il poursuivi.

Plus généralement, le dirigeant de la FCPE a dressé un portrait sombre de la société actuelle.

« C’est une société de l’individualisme, du moi d’abord, tout tout de suite et profit à tout prix, de l’élimination des plus faibles, de l’exploitation culturelle et médiatique des ressorts humains les plus médiocres où la cohésion sociale est rompue et la fracture sociale aggravée parce que les valeurs sont inversées », a-t-il dit.

« C’est le cynisme des nantis qui prévaut, la sarkozysation des esprits, l’émergence de la république des mouchards », a ajouté M. Dupon-Lahitte, soulignant que « cette conception est aux antipodes d’une société éducative ».

Le congrès, qui se tient jusqu’à lundi, a été dédié à Jean Cornec, ancien président de la fédération de 1956 à 1980, décédé fin 2003. L’hommage qui lui a été rendu a été accueilli par les quelque 500 congressistes, debout.

NANTES (AFP)