Les mesures pour la prévention de la délinquance

La dépêche du midi du 21.01.06

samedi 4 février 2006, par Emmanuel

Absentéisme Certificat de scolarité obligatoire pour prétendre aux allocations familiales, stages de parentalité... Urbanisme Vidéo-surveillance dans les parties communes d’immeubles, renforcement du rôle des gardiens d’immeuble... Violences conjugales Départ du domicile du conjoint violent, injonction de soins... Drogues Stages obligatoires pour sensibiliser aux dangers des drogues ( frais à la charge des consommateurs ), obligation de soins en prison... Psychiatrie Hospitalisation d’office à la demande du maire ou du préfet, ( avec une période d’observation de 72h ), fichier national... Maire Au centre des échanges d’information entre services ( police, justice, travailleurs sociaux, éducation ), peut effectuer des rappels à l’ordre par délégation du procureur...


Gouvernement. Mise en place du Comité interministériel à Matignon.

Délinquance : Villepin en force

Dominique de Villepin a ins­tallé hier le Comité inter­ministériel de prévention de la délinquance en affichant clai­rement sa volonté de garder la haute main sur ce dossier et ne pas en laisser le pilotage au seul minis­tre de l’Intérieur Nicolas Sarkozv. Alors que les récentes déclarations de ce dernier laissaient entendre que ledit Comité entérinerait les dispositions législatives relatives à la prévention de la délinquance, concoctées depuis plusieurs mois place Beauvau, le Premier minis­tre, lui-même ancien ministre de l’Intérieur, a montré qu’il enten­dait maîtriser le calendrier et le dé­tail de ces mesures. On n’en atten­dait pas moins de deux hommes qui n’ont de cesse de se marquer à la culotte. La veille, au Havre, Sarko avait exposé ses vues sur la ques­tion de la délinquance, donnant une fois de plus l’impression de vouloir couper l’herbe sous les pieds du chef du gouvernement. Il est vrai que Matignon et l’Élysée ont multiplié ces derniers temps les emprunts dans la boîte à idées du « premier flic de France », à tel point que ses proches parlent de « pillage ». Dominique de Villepin a omis, dans le communiqué publié après la réunion, toute référence au plan Sarkozy de prévention de la délin­quance. Le comité, qui associe pas moins de 9 ministres, devra se réunir de nouveau « avant trois mois » et pro­posera « avant l’été » des mesures « à effet rapide - textes réglemen­taires, instructions aux services, ré­forme d’organisation - » qui per­mettront de donner « des résultats immédiatement dans les domai­nes de la vie courante des Fran­çais », urbanisme, éducation et transports publics notamment. Une façon de découper le plan de prévention alors que son n° 2 rê­vait d’une grande loi globale à la­quelle il attacherait son nom. Ni­colas Sarkozy en présentant avant-­hier, au Havre, les grandes lignes de ce plan, avait tenté de désamor­cer une possible riposte de Mati­gnon en faisant savoir que « rien », dans ce canevas n’était « définitif » et que « tout » pouvait « être encore corrigé », histoire de ne pas heur­ter les « susceptibilités ». Raté. Au lieu de cela, ce fut un nouvel épi­sode de la guéguerre à laquelle se livrent, sur tous les sujets possibles, les deux rivaux potentiels pour 2007. La semaine dernière, Sarko avait pourtant assuré que Villepin était d’accord pour légiférer sur son projet. « On s’est mis d’accord, sur ce comité », confiait-il encore avant-hier. Une action « tous azimuts » en fa­veur de la prévention de la délin­quance dont il avait dessiné les con­tours au Havre. Développement de la vidéosur­veillance, contrôle de l’assiduité scolaire, rôle central dévolu au maire dans la prévention de la dé­linquance, tels en sont les grands axes avec, en point d’orgue, la « ré­forme profonde » de l’ordonnance de 1945 sur la responsabilité pé­nale des mineurs. Le SNPES-PJJ-FSU, syndicat ma­joritaire d’éducateurs de la Pro­tection judiciaire de la jeunesse, dénonçait dès hier une « dérive sécu­ritaire », estimant que « la volonté de répression des adolescents et des enfants en difficulté n’a plus de li­mite ».