Le collectif contre la délation manifeste le 22 contre le plan de prévention de la délinquance

Vendée matin du 18.03.06

dimanche 19 mars 2006

Le collectif vendéen contre la délation appelle les travailleurs médico-so­ciaux à descendre dans la rue, le 22 mars à La Roche-sur-Yon, pour s’op­poser au plan gouverne­mental de prévention de délinquance.


« Nous avons besoin d’un plan d’urgence sociale, pas d’ un plan de pseudo-prévention de la dé­linquance ! ». Le plan Sarkozy, dit de préven­tion de la délinquance, est dans le collimateur du collectif ven­déen contre la délation et la ré­pression sociale [1], qui appelle les travailleurs sociaux à se mettre en grève et à manifester mercredi 22 mars, à 17 h, deva­nt la préfecture, à La Roche­sur-Yon. Le projet Sarkozy est en gesta­tion depuis l’ automne 2003. D’abord rangé au placard en raison de l’ opposition qu’ il suscite, ce plan revient sur le devant de la scène. II devrait être présenté prochainement au conseil des ministres puis à l’ Assemblée nationale. Du coup, ses détracteurs ont décidé de (re) monter au créneau. « Ce plan ne comporte aucune mesure pour s’attaquer aux causes économiques et sociales de la délinquance ou pour améliorer les conditions d’existence des personnes en insécurité so­ciale, observe Philippe Doreau. C’est un fourre-tout de mesures répressives et de contrôle. Il or­ganise la surveillance des popu­lations en difficulté, considérées comme potentiellement dange­reuses. »

« Halte à l’ escalade sécuritaire ! »

Les mesures en gestation pré­voient, entre autres, une exten­sion du champ juridique de la vi­déo-surveillance aux espaces pri­vés et un dépistage très précoce des enfants présentant des « troubles comportementaux », en lien avec les maires. Il s’agit de déceler dès trois ans les « troubles de conduites ». Les professionnels du champ médico-social sont invités à repérer les facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et ceux liés à la personnalité, voire au tempérament. Le but recherché : prévenir les déviances. Le risque selon les opposants au projet, c’ est d’inter­préter les bêtises de l’ enfant comme l’ expression d’une pa­thologie à enrayer au plus vite. « Nous disons halte à cette esca­lade sécuritaire, avec les maires en Big brother et les intervenants sociaux en auxiliaires de police ! C’ est la fin annoncée du secret professionnel qui protège la vie privée des usagers, condition si­ne qua non de l’instauration de la confiance. Nous sommes dans le flicage " de masse ! » Le collectif vendéen milite pour la dignité des personnes et le droit à la vie privée. « Les millions de personnes plongées dans l’ in­sécurité économique et sociale ont besoin d’être respectées, en­tendues et aidées, d’avoir un tra­vail stable, un revenu et un loge­ment décents, d’accéder à l’ édu­cation et à la culture. Elles n’ont pas besoin d’être ciblées, stigma­tisées, culpabilisées, épiées, dénoncées et fichées ! » D. Bo.


Notes

[1] Ce collectif regroupe divers mouvements, syndicats, associations et partis (Attac, Écologie sociale, FCPE, FSU, Ligue des Droits de l’ Homme, No pasaran, CGT, PCF, Collectif contre la précarité...).