Le collectif 85 fustige « le tout répressif »

OUEST-FRANCE du 9.12.05

dimanche 11 décembre 2005


Ses membres font partie d’asso­ciations, de syndicats, de mou­vements citoyens et politiques. Le collectif 85 contre la délation et la répression sociale est né de son opposition au projet de loi de prévention de la délinquance.

Tous les mots sont bons pour ex­primer leur rancoeur. Et leur inquié­tude face « aux dérives sécuritaires en France ». Le cheval de bataille du collectif 85 contre la délation et la répression sociale est le projet de loi de prévention de la délinquance. Un projet que Nicolas Sarkozy, mi­nistre de l’Intérieur, va prochaine­ment présenter au Premier ministre. Un projet « qui se sert de la crise des banlieues comme prétexte. Seulement, ce projet qui est déjà ficelé depuis 2003, ne présente aucune mesure pour remédier aux causes économiques et sociales de la délinquance. » Pis. Le collec­tif 85 est convaincu que « cette loi signe la fin du travail social, mé­dico-social et éducatif. Les inter­venants sociaux seront obligés de communiquer au maire, qui de­vient un shérif big brother, des in­formations d’ordre privé. Bref de ficher les gens comme délinquant potentiel. » Exit alors l’éthique, la déontologie et le secret profession­nel attaché à ces métiers. Le secret « serait partagé, une atteinte grave aux droits privés ». Le collectif dénonce l’expé­rience-test de la loi, menée à Vitry-le-François (Marne). Une expé­rience « hors la loi. Les publics que les intervenants sociaux sont ame­nés à voir sont déjà en difficulté. Imaginez si en plus, il n’y a plus de confidentialité. Ils ne parleront plus de leurs problèmes. »

Le collectif 85 élargit le débat en proposant une soirée, le mardi 13 décembre, à 20 h 30. Le thème : « Insécurité sociale et surenchère sécuritaire, parlons-en ! ». En pré­ambule, projection du film-docu­mentaire de Patrick Jean, « La rai­son du plus fort. » A l’auditorium du Conservatoire, place Napoléon, à La Roche-sur-Yon. Entrée : partici­pation aux frais libre.