Le Conseil Général de la Marne achète la collaboration !

samedi 26 juin 2004, par Nath

Après les fiches de la honte, les pressions de la honte pour remplir d’autres fiches, toutes neuves !


Alors que le Collectif Marnais et le Collectif National Unitaire organisaient la riposte en préparant une manifestation nationale et en diffusant largement l’information au sujet des « fiches de la honte », le Conseil Général s’est trouvé pris à la gorge. Coincé dans ses retranchements « des fiches qui ne sont pas du fichage » et ses déclarations mensongères « cette opération n’a rien à voir avec l’avant-projet de loi de la délinquance », il finissait par reconnaître « l’ inadaptation de cet outil » et par en ordonner la destruction le 4 juin, aux lendemains de la manifestation.

Rageusement, cependant, il imposait dans le même temps une réunion les 9 et 23 juin suivants aux représentants des structures destinataires des fiches initiales et au Collectif Marnais.

Le Collectif Marnais a décliné cette convocation. Il s’agissait de respecter certaines règles de déontologie (paraît-il).

Mais pour établir quel outil ?

Qui servirait à quoi ?

Là-dessus aucune réponse ! Et pour cause : il est évident qu’il s’agissait de piéger les participants en les faisant collaborer à l’élaboration du futur projet de loi (les différentes déclarations de Mr de Villepin ne laissent aucun doute à ce sujet !) et en leur faisant remplir autrement...des fiches ! (dans la marne, les fiches, c’est fun !) C’est ainsi que le vrai visage de cette opération s’est un peu plus démasqué.

Le 9 juin déjà, des menaces à peine voilées fusaient sur les structures qui « si elles restaient les mains dans les poches, on saurait s’en souvenir lors des futures discussions budgétaires » !

Le 23 juin a connu son apogée despotique. Convoquée parmi les dix autres structures, une responsable de service de santé mentale, médecin psychiatre, a énoncé son refus de citer des noms de patients. Le représentant du Conseil Général l’a « invitée » à sortir. D’autres associations ont alors joint leur parole à la sienne : il n’était pas question de « donner des noms » afin « d’effectuer un listage exhaustif des familles » comme cela venait d’être dit. Ces propos furent violemment accueillis par le représentant du Conseil Général. Les personnes sont alors sorties.

Le représentant de la PJJ, venu avec des textes de la chancellerie à propos du secret professionnel, est resté à la réunion mais s’est refusé à donner quelque nom que ce soit.

D’autres associations n’ont pas vu d’objection à participer à la réunion et à déballer devant tous ce qui concernait chaque famille. Etrangement, d’ailleurs, car pour certaines, elles avaient refusé de remplir et renvoyer les premières fiches et leurs responsables et certains cadres manifestaient à Vitry avec nous. Cherchez l’erreur !

Ces échanges ont été ponctués des remarques de la responsable de l’organisme logeur (non travailleur social) de « Ah oui ! Je connais le père, il est alcoolique ! », « Ah, eux, il n’y a pas longtemps... » etc...

Pour donner la mesure du sérieux du « diagnostic médico-social » qui devait absolument être présentable sous forme anonyme et statistique pour le 25 juin, sachez seulement que ces nouvelles fiches n’étaient pas complètes le 23 juin au soir.

Qu’auriez-vous fait à la place du représentant du Conseil Général ?

Vous ne pouvez pas vous mettre à sa place ?

Même 5 minutes ?

Aaaahh ! Quels mauvais collaborateurs vous faites ! On s’en souviendra, tiens...

Et bien le responsable du Conseil Général a redonné rendez-vous le lendemain matin à la directrice du CCAS et à la responsable de l’organisme logeur et à eux trois ils ont fini de rentrer les noms et les problématiques sur les belles fiches toutes neuves !

Quant à ceux qui sont sortis...ne doutons pas qu’ils auront bien besoin d’être soutenus d’ici peu de temps, car lorsqu’on organise une telle opération d’inquisition au sein de toute une population, qu’on utilise de tels procédés d’intimidation et que le tout se fait à marche forcée :

ON EST CAPABLE DU PIRE !