La prévention, c’est pas la répression

vendredi 28 janvier 2005

1er Congrès du SNUCLIAS-FSU

26/27/28 janvier 2005 à Paris

Motion d’actualité adoptée à l’unanimité


Le SNU-CLIAS/FSU réuni en congrès les 26, 27, 28 janvier 2005 appelle l’ensemble des salariés touchés par le projet de loi interministériel dit « de prévention de la délinquance » et ses avatars (circulaires, protocoles, expérimentations...) à se mobiliser massivement le 3 février 2005, à l’initiative du Collectif National Unitaire, pour une journée d’actions et de grève, ainsi qu’à rejoindre la manifestation nationale qui se déroulera ce même jour à Paris.

Depuis plusieurs années les professionnels des secteurs socio-éducatif, sanitaires et de la santé, de l’éducation, de l’animation qui assurent des fonctions de prévention au service de la population subissent d’importantes attaques dans le cadre de l’exercice de cette mission, de la part des gouvernements successifs et des pouvoirs publics. L’année 2004 a été marquée par une mobilisation unitaire sans précédent de ces différents professionnels qui a contraint le gouvernement à reculer sur le projet de loi de prévention de la délinquance car il portait atteinte aux droits démocratiques et aux liberté publiques. Depuis le gouvernement continue de travailler dans la plus grande opacité à un nouveau projet de loi en s’appuyant sur les expérimentations en cours dans 24 quartiers qualifiés de « criminogènes ». Un récent rapport d’un groupe de travail de l’Assemblée Nationale présidé par le Député UMP du Val de Marne, Jacques Bénisiti remis à l’actuel ministre de l’intérieur propose au gouvernement d’aller encore plus loin dans la répression en stigmatisant dés le plus jeune âge les populations les plus défavorisées comme délinquants potentiels. D’autre part ce rapport propose en filigrane de soumettre les professionnels de la prévention à une fonction d’auxiliaire des politiques locales de sécurité, à un rôle de contrôleur social et de police des familles sous l’égide des maires.

Pour le SNU-CLIAS/FSU il est inacceptable que les personnes en difficultés, parce qu’elles ne peuvent accéder à un logement décent, à un emploi stable et correctement rémunéré, parce qu’elles connaissent un problème familial, de santé , d’endettement ou leurs enfants des difficultés scolaires soient considérées comme fauteurs de troubles.

Dans ce cadre et conformément à la résolution générale propre à son champ de syndicalisation adoptée ce jour, le SNU-CLIAS, soutiendra et s’emploiera à étendre, dans l’unité toutes les actions qui visent :

- à défendre une augmentation de moyens financiers et en personnels qualifiés permettant de garantir l’accès de tous aux droits sociaux fondamentaux ;
- au renforcement de références éthiques communes telles que le respect de la volonté de la personne et de sa dignité, l’égalité d’accès aux droits, le secret professionnel et l’obligation de moyens ;
- à l’indépendance technique des travailleurs sociaux vis à vis de l’employeur, garantie pour les personnes en difficulté de pouvoir accéder à leurs droits sans aucune discrimination.

Aucune approche sécuritaire et répressive ne pourront répondre aux difficultés engendrées par les choix économiques et sociaux de ces 20 dernières années !

Paris le, 28 janvier 2005

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