La loi de « prévention de la délinquance » est imminente. Réaffirmons notre refus !

communiqué du CRDS du 9 mai 2006

mardi 9 mai 2006

Collectif 85 contre la Délation et la Répression Sociale ANAS, ATTAC, CGT, Collectif contre la précarité, Collectif de Résistance Sociale de Fontenay-le-Comte, Ecologie Sociale, FCPE, FSU, ICEM Pédagogie Freinet, LCR, Ligue des Droits de l’Homme, No pasaran, PCF, élu(e)s la Roche Claire, Syndicat de la Médecine Générale, Union syndicale Solidaires, et des citoyen(ne)s attaché(e)s à la démocratie.


Après la mise en échec de leur camp sur le terrain économique et social par un puissant mouvement populaire ( recul sur le CPE), de Villepin et Chirac sont très affaiblis. Sarkozy, le patron de l’ UMP, qui détient la majorité absolue à l’ Assemblée nationale, apparaît en position de force et il mise clairement sur la démagogie sécuritaire pour gagner en 2007, en tentant de rallier l’ électorat sensible aux thèmes ressassées par l’ extrême-droite. Conformément à ce que Sarkosy a annoncé le mois dernier, son projet de loi sur l’ immigration (CESEDA) est devant le Parlement depuis le 2 mai ; celui sur « la prévention de la délinquance » le sera en juin.

Le 4 mai, Sarkozy a décliné à la préfecture de l’ Essonne sa « nouvelle politique pour les quartiers sensibles ». Il a notamment égrené les dispositions, déjà (tristement) connues, de son projet de loi dit de « prévention de la délinquance » : la réécriture, dans une optique plus répressive, de l’ ordonnance de 1945 sur les mineurs délinquants ; la possibilité « d’ imposer aux parents un suivi psychiatrique ou psychologique de leur enfant si l’autorité judiciaire le requiert » (Le Figaro du 05/05/06), le maire comme pivot central de sa loi ; « une « nouvelle méthode », où il est question de « proximité » avec les maires, de « travail en réseau » avec les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) et de « responsabilisation des personnes » avec des conseils pour les devoirs et les droits des familles. » (Libération du 05/05/06), « l’ absentéisme scolaire, « antichambre de la délinquance », sera combattu au travers de mesures coordonnées par les maires, comme la mise sous tutelles des allocations familiales ou des stages d’ « aide à la parentalité », « La détection précoce des troubles du comportement chez les très jeunes enfants reste aussi à l’ ordre du jour (...) ». « Le calendrier est fixé : Conseil interministériel sur la prévention aujourd’hui (en même temps que la remise au ministre du rapport Klarsfeld sur la délinquance des mineurs) ; présentation du texte devant les commissions des affaires sociales et des lois de l’ Assemblée le 10 mai ; saisine, dans la foulée, du Conseil d’ Etat et de la Cnil, puis nouvelle réunion du Conseil interministériel et dépôt du projet devant le Parlement en juin. » (Le Figaro du 05/05/06).

Nous, citoyen(ne)s, professionnel(e)s, parents, réaffirmons notre refus de ce projet répressif et stigmatisant, inefficace au regard d’ une réelle prévention, qui sape les fondements du travail médico-social et porte atteinte au droit à la vie privée, constitutif de toute société démocratique. Le Collectif 85 contre la Délation et la Répression Sociale appellera dans les semaines à venir les vendéennes et vendéens à manifester à nouveau publiquement leur refus de ce projet totalitaire.

A la Roche-sur-Yon, le 9 mai 2006