La délinquance, nouvelle arme politique

Le Premier ministre a coupé l’herbe du sujet sous les pieds de Sarkozy.

samedi 4 février 2006


Voir en ligne : Liberation du 21.01.06

Dominique de Villepin a rappelé vendredi à son mi­nistre de l’Intérieur qu’ il n’avait pas le monopole du dos­sier de la prévention de la dé­linquance. Alors que Sarkozy ne cesse de marteler ses vues en la matière, le Premier mi­nistre a indiqué que les dispo­sitions législatives relatives à la prévention de la délinquance pourraient être débattues « à l’occasion de plusieurs textes de loi » et « au cours des prochaines sessions ». Le Premier ministre, qui ve­nait d’installer le comité inter­ministériel de prévention de la délinquance, a précisé que ces dispositions faisaient « l’ objet d’un travail de concertation entre ministères ainsi qu’avec les différents partenaires concernés ». Le Premier minis­tre montrant ainsi qu’il enten­dait maîtriser le calendrier et l’articulation de ces mesures. Aussi a-t-il assigné au comité le soin d’en « poursuivre la pré­paration ». Surtout, il a omis, dans le communiqué, toute ré­férence au plan Sarkozy de prévention de la délinquance. II a en outre chargé le comité interministériel de proposer « avant l’ été » des mesures « à effet rapide - textes réglementaires, réforme d’organisation » qui permettront de donner « des résultats immédiatement dans les domaines de la vie courante des Français » - urbanis­me, éducation et transports publics notamment. Une fa­çon de découper le plan de prévention alors que son nu­méro deux rêvait d’ une grande loi globale.

J.D. (avec AFP)