La FCPE dénonce la tentation du « tout sécuritaire » dans les établissements

AFP 30/05/04

dimanche 30 mai 2004, par Emmanuel


Deux élèves arrêtés dans leur lycée, menottés et gardés à vue pour avoir jeté des pierres pendant la récréation : cet exemple illustre une dérive vers le « tout sécuritaire » dans les établissements, ont dénoncé dimanche les parents d’élèves de la FCPE réunis en congrès à Nantes.

La mésaventure, survenue il y a quelques semaines, de ces garçons, élèves de seconde d’un lycée de l’Essonne, a été mise en exergue par la principale fédération de parents d’élèves de l’enseignement public comme « exemple de déni de justice insupportable ».

La mère de l’un d’eux a témoigné lors du congrès national de l’organisation qui se tient de samedi à lundi.

"Pour avoir lancé, à trois reprises, du 7 au 14 mai, des pierres contre une maison, brisant une vitre, depuis le parc du lycée, mon fils et un camarade ont été convoqués par la proviseure le 17 mai, a-t-elle raconté. D’abord félicités de s’être dénoncés puis menacés pour avoir refusé de citer d’autres camarades, on les a retenus dans une salle pendant qu’arrivaient des policiers« . »Ils ont été arrêtés, menottés en plein lycée et emmenés au commissariat. On les a déshabillés, fouillés à corps et mis en cellule. Ils ont été gardés à vue toute la journée pour +dégradation de biens privés en réunion+ et nous n’avons été prévenus que bien plus tard, par la police et certainement pas par le lycée qui ne nous a pas contactés« , a-t-elle ajouté. »Je ne défends pas son acte et je suis prête à indemniser le voisin mais mon fils, mis médicalement au repos, voit son avenir gravement compromis. Comment, a-t-on pu jouer de son autorité morale, faire appel à sa confiance et le livrer à la police ? Sans parler de la responsabilité scolaire, les règles les plus élémentaires au niveau humain ont été enfreintes et perverties", a-t-elle conclu.

Georges Dupon-Lahitte, président de cette fédération ancrée à gauche, en a profité pour dénoncer la tentation du « tout sécuritaire » mise en oeuvre selon lui par les différents gouvernements Raffarin, et relayée par certains chefs d’établissement.

"Cela montre quel niveau d’aveuglement on peut atteindre quand des éducateurs font appel à des fonctionnaires de police pour régler la vie de leur établissement« , a-t-il lancé. »La répression prend le pas sur l’éducation. Il y a abandon de la démarche éducative et des auxiliaires de police comblent le vide laissé par la suppression de dizaines de milliers de postes d’encadrement, surveillants et aide-éducateurs", a-t-il ajouté.

Ainsi, la FCPE a protesté contre les mesures récentes déjà en vigueur, permettant à la police d’intervenir ainsi que le projet de loi sur la prévention de la délinquance « incitant au fichage et à la délation ».

Elle a également dénoncé la « stigmatisation » de parents en cas d’absentéisme. Enfin, elle s’est élevée contre la nouvelle composition des conseils de discipline où les enseignants priment maintenant sur les parents, « ces fouineurs, ces empêcheurs de tourner en rond ».

"Dans une société où il n’y a plus de valeurs, où les enfants n’ont plus de repères, on voudrait tout régler à l’école par la simple autorité, une autorité qui n’est qu’avatar scolaire du pouvoir de droit divin de l’adulte sur l’enfant, aux antipodes de l’acte éducatif", a affirmé le président de la

ArialEn fait, vive la loi Sarkosy qui vient au secours des mesures Ferry /Fillon : moins de moyens pour l’éducation ? la répression prend le pas ...

Pour faire avaler la pilule de la suppression de dizaines de milliers de postes d’encadrement, de surveillants, et d’aide-éducateurs rien de mieux que de faire appel aux forces de police.